Pas de capture aujourd’hui, ce qui me laisse le temps de revenir sur les balises utilisées pour suivre les migrations des thons.
La question est : comment connaître sa position quand on est sous l’eau, hors de portée des satellites. Les deux systèmes couramment employés pour les animaux terrestres (ou pour ceux qui passent au moins une partie de leur temps en surface), GPS et Argos, sont en l’occurrence inexploitables. Les scientifiques ont trouvé la parade avec une astuce que la navigateur Christophe Colomb n’aurait pas reniée : les balises intègrent un capteur de lumière. Avec la durée du jour, facile de trouver l’heure de midi, et sur notre planète tous les points situés sur une même longitude (les lignes qui vont du nord au sud comme sur un melon) ont la même heure de midi. Pour la latitude l’affaire est plus complexe. Car si la longueur du jour varie avec la latitude (les jours égalent les nuits sous l’équateur, tandis qu’ils sont très longs ou très courts aux pôles) cette variation est importante aux solstices d’hiver et d’été (21 juin, 21 décembre) mais quasiment nulle aux équinoxes (printemps et automne). Il faut alors utiliser la température de l’eau enregistrée par la balise et, en comparant avec celle des cartes satellites, recaler la position de l’animal. On obtient une précision largement suffisante pour décrire les migrations de ces grands voyageurs. Ainsi, même le poisson au fond de la mer n’échappe pas à la malice et à la curiosité du grand inquisiteur Homo sapiens sapiens.
Images : F. Bassemayousse.
Insertion de la balise dans la cavité abdominale du thon.


Une marque est également fixée à l’extérieur de l’animal qui signale la présence de la balise et promet une récompense de 300 euros à qui la retourne.


Denis à bord de WWF columbus

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