Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord, Photos
La question de la migration des thons rouges se pose à différentes échelles. A grande échelle on s’est longtemps demandé si les thons de Méditerranée et ceux pêchés de l’autre côté de l’Atlantique constituaient deux populations distinctes ou si de grandes migrations les reliaient pour n’en faire qu’une seule. L’effondrement des captures côté Etats-Unis corrélé à une surpêche avérée côté Méditerranée, et les analyses génétiques prêchent aujourd’hui pour la seconde solution. On considère qu’il y a deux grandes zones de reproduction, golfe du Mexique côté ouest et Méditerranée côté est, mais que ces deux populations se rejoignent quelque part en Atlantique avec un taux d’hybridation avoisinant 60%. La même question se pose depuis peu de temps à l’échelle de la Méditerranée : est-ce que les thons du large de la Turquie se mélangent avec ceux de la zone de pêche historique des Baléares ? C’est tout l’enjeu de ce programme pluri-annuel de marquage qui débute cette année aux Baléares et qui se poursuivra de façon symétrique au large de la Turquie l’an prochain. Ces questions de migrations ne sont pas que pure réthorique car elles déterminent de façon cruciale la protection et la gestion de cette exceptionnelle ressource méditerranéenne. S’il s’agit de deux populations elles devront être gérées de façon indépendante et non pas globale comme aujourd’hui, et il faudra également protéger tout particulièrement les zones de reproduction de chacune d’entre elle.
<!–[if !supportEmptyParas]–><!–[endif]–>
Images : F. Bassemayousse
WWF columbus selon le point de vue du thon rouge.
Denis à bord de WWF columbus

