29  sept
Jeudi 25 septembre 2008 – Grande vadrouille.

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord, Photos

Poussés-secoués par une virile brise de nord-ouest nous démarrons la journée un peu plus tard que d’habitude, après avoir rejoint la frontière invisible ou vents d’est et d’ouest jouent à pousse-pousse et s’annulent un peu. Notre première baleine souffle peu après. C’est une baleine irascible, nous l’apprendrons rapidement à nos dépends. Durant une bonne partie de la matinée nous essayerons toutes les approches en vain, et nous finirons par abandonner sans même avoir pu faire une photo ID. Nous les savions peu commodes cette année, mais à ce point c’est un peu intrigant.

Nous avons un élément de réponse sur l’eau avec des bateaux militaires qui tournent-virent sur la zone, apparemment engagés dans une grande manœuvre. L’hydrophone confirmera que cette activité est également intense sous la surface : des sifflements brefs, puissants, se répètent toutes les 30 secondes. A vrai dire nous n’avons même pas besoin de l’hydrophone pour percevoir ce sifflement : on l’entend distinctement dans la cabine de WWF columbus, et encore mieux dans les toilettes qui, isolées à l’avant, font une meilleure caisse de résonance encore. Il nous poursuivra biiiiip tard dans la biiiiip nuit alors que biiiiip nous essayons de nous biiiiiip endormir. Même nous, sur la surface, ce « biiiiip » a finit par nous énerver, alors ima-biiiiip-ginez la baleine qui vit « dans » cette cacophonie en permanence !

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Images F. Bassemayousse.

Un sifflement qui résonne jusque dans la cabine du WWF columbus ! Son : Sophie LARAN.

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Tortue carette.

Denis à bord de WWF columbus

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29  sept
Mercredi 24 septembre 2008 – Ouest terne.

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord, Photos

 

Pars chercher la baleine
Cours à perdre haleine

Parie sur le couchant

Et aux portes du Lion

Des souffles par millions

Récompenseront ta peine

Poète anonyme

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Si l’on regarde une carte marine avec les profondeurs (les isobathes), Marseille constitue la limite entre deux secteurs bien distincts : à l’est le prolongement du continent sous la mer - le plateau continental - plonge rapidement vers les abysses et ne fait que quelques kilomètres de large ; à l’ouest dans le Golfe du Lion il faut parcourir plus de 70 kilomètres pour trouver des fonds dépassant les 200 mètres. Le Rhône enrichit cette plaine sous marine en éléments nutritifs et en fait une zone à forte productivité, notamment pour les poissons. Lors de notre recensement des Grands dauphins en 2000 (programme Cap Ligures) nous y avions dénombré 200 individus profitant de cette ressource à faible profondeur. Au large, dans le talus qui prolonge ce plateau, les lits fossiles du Rhône taillent de profonds canyons qui sont des zones particulièrement favorables pour les cétacés.

Depuis le début de nos programmes sur les cétacés en 2000, nous n’avons pu travailler dans ce secteur qu’en une seule occasion tant il est sous l’influence de régimes de vents forts canalisés par la vallée du Rhône.

C’est pourquoi nous mettions beaucoup d’espoir dans cette renverse météo qui pour une fois nous ouvrait les portes de l’ouest et nous chassait de l’est. Cap à l’ouest, vers les portes du Lion…

C’est l’abondance des oiseaux qui frappe en premier et les chiffres sont éloquents : en cette seule journée 175 oiseaux observés contre une vingtaine en moyenne les autres jours. Mais de baleines, point. Par deux fois la température a chuté de deux degrés en quelques minutes ce qui a coincidé avec la présence de nombreuses chasses de thonidés. Mais de baleines, point. Un cachalot trahi par l’hydrophone nous a faussé compagnie assez rapidement en début de journée. Mais de baleines, point et point de souffles par millions pour récompenser notre peine.

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Fichus poètes et leurs sornettes
En plus voilà la tempête
Pour une nuit de fête

Cramponnés à nos couettes

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Images ©F. Bassemayousse

Couchant…

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Invention culinaire à base de pain d’épices de Julien.

Sophie fait la cuisine entre deux écoutes.

Stéphanie et Valérie fidèles au poste à l’avant.

Lea Spilberg observe ET filme.

Denis à bord de WWF columbus

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Décidément ce mois de septembre est celui des Globicéphales. Ils entourent le bateau avant même que le soleil n’ait traversé l’horizon, toujours aussi familiers et attachants, se poussant les uns les autres pour profiter de l’étrave, tournoyant sur eux même en montrant leur ventre, surfant sur les vagues dans la lumière chaude du lever du jour. Mais leur cap n’est pas le nôtre, ils vont vers l’est, indifférent au vent qui déjà soulève un vilain clapot. Pour eux la houle et les vagues sont un terrain de jeux toujours changeant dont ils peuvent s’abriter en une coulée quelques mètres sous la surface.

Nous n’avons pas cette chance et c’est sur l’île des Embiez que nous finirons par nous abriter en soirée après une journée médiocre et sans baleine. Parfois en mer, pugnacité rime avec fatalité …

Images © F. Bassemayousse.

Séquence complète du souffle d’un globicéphale. Comme tous les mammifères les cétacés soufflent de l’air dont ils ont consommé l’oxygène. La partie visible du souffle est un mélange de vapeur et de mucus (qui joue un rôle dans l’apnée) ainsi que l’eau de mer présente dans la cavité de l’évent ou au dessus de leur tête au moment du souffle.

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Denis à bord de WWF columbus

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Ceux parmi vous qui naviguent ou qui suivent les aventures du WWF columbus sur ce blog savent combien la météo est importante et comment elle contraint le travail que nous menons sur les cétacés. Quelques kilomètres à l’heure de vent supplémentaires suffisent à transformer une mer belle à peine ridée en une marmite bouillonnante ou des centaines de paquets d’écumes s’ingénient à mimer le souffle des rorquals, rendant impossible toute observation sérieuse. Et disons le tout net, la Méditerranée, on l’adore, mais question météo elle est plutôt capricieuse. C’est pourquoi ce dimanche soir, en rejoignant le bateau après une pause imposée par le mauvais temps, j’étais plutôt pessimiste. Les cartes de prévisions étaient médiocres, tendance pire. Mais la mer c’est comme beaucoup de chose : tant qu’on y est pas, on sait pas, tant qu’on a pas essayé, on peut pas dire. Alors on est parti à 4 heures du matin pour être au lever du soleil au début de notre transect mensuel, en espérant en faire au moins la moitié, ce serait toujours ça de fait.

Au début, les conditions confirmaient mes craintes, un petit vent d’est caressait la mer à rebrousse poil et rendait le mien mauvais. Et puis la mer s’est adoucit, le soleil a percé les nuages qui se sont dispersés, dépités. Et puis au loin un triangle noir capturé à la volée dans les jumelles, trop massif et trop indolent pour un dauphin : des globicéphales.

Nous nous détournons pour les rejoindre. Une très bonne idée, car ces globicéphales nous offriront trois heures magnifiques, parmi les plus belles que nous ayons vécu depuis le début de nos programmes sur les cétacés.

Nous avons rapidement décidé d’utiliser le pneumatique pour être encore plus près et plus mobiles, et pour que Fred puisse se mettre à l’eau plus facilement.

Ils sont 27 en tout autour du bateau : les vieux mâles à l’extérieur nous surveillent du coin de l’œil, les femelles restent à côté des plus jeunes qui respirent encore maladroitement, et nous avons 6 ados qui viennent chahuter contre la coque, à portée de main. Un spectacle inoubliable pour toute l’équipe. Vingt sept animaux a photo-identifier, c’est du travail ! Les appareils photos crépitent autant qu’à Cannes, lorsque Brad Pitt gravit le tapis rouge. Au total nous engrangeons 7 gigas d’images numériques qu’il faudra classer et trier au retour.

Après bien des hésitations nous décidons de tenter quelques biopsies. Pas facile de tirer sur des animaux aussi confiants et familiers. Il faut choisir les plus gros, trouver la bonne distance : pas trop près pour limiter l’impact et pas trop loin car la cible et beaucoup plus petite qu’un rorqual commun. Nous nous limiterons à deux biopsies.

Nous aurions pu y passer la journée mais le devoir nous appelle. Il faut finir le transect avant la nuit. Nous quittons les Globicéphales avec regrets, après trois heures magnifiques. Nous finissons également le transect avec le coucher du soleil, sans autre rencontre notable, mais avec la satisfaction d’une journée bien remplie, et la conviction renforcée qu’à la mer la pugnacité est souvent récompensée.

Images F. Bassemayousse.

1 - 21 globicéphales sur cette image, record à battre !

2 - Entre ciel et mer …

3 - Un comportement typique de cette espèce grégaire appelé “le métro à 18 heures”.

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4 - Si vous avez l’impression d’avoir déjà vu cette photo (mais avec des dauphins) c’est que vous êtes un habitué du blog de WWF columbus… merci pour votre fidélité.

5 - “Bonjour comment tu t’appelles ?”

6 - Globi-acephalus…

7 - Chouette escorte.

8 - A demain !

Denis à bord de WWF columbus

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Le ciel est gris et menaçant mais la mer est d’huile, nous repérons les nombreux dauphins bleus et blancs de très loin. La seule biopsie de la journée sera faite en milieu d’après-midi. La baleine fait de longues sondes (15 à 20 minutes sous l’eau) et se montre très discrète en surface. Comme les autres elle réagit systématiquement à la présence du pneumatique à ses côtés. Le trafic nautique intense observé ces derniers jours et une nourriture moins abondante en cette fin de saison sont probablement à l’origine de ces comportements craintifs qui ne nous facilite pas la tâche. Nous devons être rapide et efficace pour déranger le moins longtemps possible les animaux.

Nous rentrons à terre ce soir sous une pluie battante, la dépression sur la zone ne « s’évacue » pas, du vent est annoncé pour les trois jours suivants.

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Image – Bien piloter exige de l’expérience : approcher rapidement mais sans à coup ni brusquerie, se placer au bon endroit pour le tireur au moment exact ou la baleine fait un peu le dos rond avant de sonder, lorsqu’elle offre la plus grande cible. Merci à Richard Sears notre professeur et ami en ce domaine. © F. Bassemayousse.

Amandine à bord de WWF columbus

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Dans la nuit nous avons fait route vers l’ouest pour être sur la zone où nous avions observé les trois baleines hier matin. Mais elles ne sont pas au rendez vous, en revanche un peu plus à l’ouest vers midi nous rencontrons la première baleine de la journée. L’équipe « pneumatique » part. Lorsque les conditions sont idéales comme aujourd’hui nous commençons par la photo identification. Une fois que nous sommes certains de pouvoir reconnaître cet individu nous faisons la biopsie. Les photos sont faites malgré la discrétion de la baleine, qui nage de longs moments juste sous la surface et ne sort respirer que deux à trois fois avant de sonder à nouveau. Nous nous préparons pour la biopsie lors de son prochain retour en surface. Mais un bateau à moteur passe dans notre secteur à grande vitesse. Nous ne retrouvons plus la baleine après son passage…

Une deuxième baleine est repérée en début d’après midi. Mais le même scénario se répète : un bateau à moteur qui passe à proximité et la baleine qui disparaît. Rageant !

La journée se termine, des dauphins bleus et blancs viennent à l’étrave du bateau. La lumière est belle, nous profitons tous de ces images qui viennent un peu compenser la frustration des deux baleines de la journée, quand la troisième souffle sur tribord.

Nouveau départ pour l’équipe du pneumatique, cette fois sera la bonne : la première biopsie de baleine de la campagne est faite à la lumière des derniers rayons du soleil.

Images – Tortue carette. © F. Bassemayousse.

Image 3 - Première biopsie réalisée par notre photographe multi-fonction…. c F. Bassemayousse.

Amandine à bord de WWF columbus

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Un départ au petit matin et nous sommes à une quinzaine de miles au sud des Iles d’Hyères au lever du soleil pour commencer nos quarts d’observation dans une zone où des baleines ont été observées récemment.

A peine le premier point météo réalisé que deux baleines sont observées sur tribord. Nous décidons de faire partir le pneumatique, mais les conditions sont encore mauvaises, la houle est forte. Rapidement nous savons que nous ne pourrons pas photographier correctement les animaux ni les biopsier avec une mer si formée. Nous revenons donc sur le WWF Colombus où les observateurs restés à poste suivent toujours les baleines. Chaque souffle est noté ainsi que l’heure où la baleine sonde (plonge). Nous reprenons finalement notre route, frustrés de ne pas pouvoir faire mieux.

A 9H30 le scénario se répète, baleine observée, mais la mer est toujours formée, le travail à partir du pneumatique n’est pas possible. Nous poursuivons donc notre route vers l’est espérant trouver des conditions meilleures pour travailler.

En début d’après midi la houle se calme enfin, le vent est faible : les conditions sont idéales. Nous repérons deux tortues (Caretta caretta) à quelques minutes d’intervalle, Frédéric plonge pour faire quelques photos.

En fin d’après midi un cachalot est détecté, 3 membres de l’équipe partent sur le pneumatique. Dans l’ordre : des photos du coté gauche de sa dorsale, biopsie puis photos de sa caudale lorsqu’il sonde quelques minutes plus tard, le tout bouclé en moins d’un quart d’heure !

Image 1 - La plongée du cachalot est toujours un moment majestueux. © F. Bassemayousse.

Image 2 – Quand un cachalot ou un globicéphale se cure les dents…. Calmars à tous les repas. © F. Bassemayousse.

Amandine à bord de WWF columbus

 

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20  sept
Lundi 15 septembre - Port-Cros : abri idéal

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord, Photos

Après trois jours à terre en raison d’un coup de vent d’ouest important nous nous retrouvons à Hyères pour repartir, plein d’espoir dans la météo clémente annoncée pour les quelques jours à venir. Le départ est prévu pour la mi-journée, le vent étant encore bien établi le matin. Mais finalement nous n’irons pas loin, le vent est toujours fort l’après-midi. Nous filons donc vers Port-cCos où le Parc National nous permet de nous mettre à quai et à l’abri pour la nuit. Ce mouillage est idéal, outre le fait de passer une soirée et une nuit dans ce lieu enchanteur, la route pour rejoindre les zones de prédilection des baleines est plus courte.

Image 1 - Arrivée de WWF columbus sur l’île de Port-Cros, Parc National. ©F. Bassemayousse.

Image 2 - Le village de Port-Cros sous les étoiles. ©F. Bassemayousse.

Amandine à bord de WWF columbus

 

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Dans la nuit le vent se lève et confirme nos craintes : inutile de rester en mer avec la météo qui s’annonce pour les prochains jours. Retour à Hyeres et à terre.

Le WWF columbus est en stand by jusqu’à la fin du coup de vent. Probablement lundi, mais chut… la météo en Méditerranée est susceptible, un peu sanguine, latine pourrait-on dire, et les dieux y ont l’ouie particulièrement fine, Olympe n’est pas loin.

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Images 1 et 2 - Anatomie comparée : chez les baleines ou Mysticètes (du grec “moustache” qui fait référence aux fanons) comme le Rorqual commun (photo 1) l’évent est formé les deux narines bien distinctes. Chez les Odonctocètes (qui dérive du mot “dent”) qui sont des chasseurs comme le Cachalot ici, (Photo 2) les deux narines ont fusionné et l’évent ne présente qu’un seul orifice. Chez le Cachalot l’évent est incliné sur la gauche et vers l’avant d’où son souffle caractéristique.

Denis à bord de WWF columbus

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Hier soir, il n’y avait plus que Aude et moi sur le pont, qui à faire la veille, qui à bloguer devant son ordinateur, quand elle vint me dire : tu entends les souffles ? Effectivement ils étaient bien distincts dans le calme de la nuit. Pas le souffle puissant et explosif de la baleine mais les petits souffles discrets des dauphins qui tournaient autour du bateau, invisibles dans le noir. Ils ont joué ainsi à cache-cache un moment avant qu’une dorsale ne se profile dans la trainée de lune qui illuminait la surface. Une dorsale, puis deux, puis plusieurs, pas des dorsales de dauphins à vrai dire, et même une tête qui sort de l’eau, verticale, et qui, on dirait bien, nous regarde droit dans les yeux. Une attitude caractéristique : ce sont des globicéphales. Une rencontre plus habituelle dans le mitan de l’après-midi lorsqu’ils font la sieste en groupe. Les globis, de leur petit nom, sont parmi les rares cétacés à s’approcher sans aucune crainte des bateaux. Ils sortent même la tête hors de l’eau pour observer leurs occupants avec une curiosité qui, pour une fois, fait le pendant à la nôtre. Ils vivent en groupes qui peuvent atteindre plusieurs dizaines d’individus, sous la surveillance attentive des grands mâles. C’est toujours une belle rencontre, assez rare, car on peut les voir de près et pendant une longue période, moteurs coupés, au calme comme ce soir.

Je réveille le reste de l’équipe qui monte rapidement profiter de la scène, un peu irréelle, de ces silhouettes arrondis qui se découpent dans les rayons de lune. Bonne nuit à nos cousins des mers…

D’autres cousins ont croisé notre route cet après-midi : les dauphins de Risso ou Grampus. Mitraillage en règle sur le pont – le numérique permet tous les excès, mais ils se payent cher en heures de tri - pour alimenter les catalogues de photo-identification de cette espèce très caractéristique par les cicatrices dont chaque individu se couvre progressivement jusqu’à en devenir quasiment blanc. Ils nagent tranquillement bord à bord avec le bateau et autorisent même quelques images sous-marines à Fred.

- “Globis et Grampus presque dans la même journée c’est rare !” indique Sophie.

- “Presque autant que les rorquals en ce début de mission” ajoutais-je, ravi mais un peu amer.

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Image 1 : les Grampus ont une dorsale caractéristique haute et effilée qui fait un peu penser, en plus petit, à celle de l’orque. Beaucoup des signalisations d’Orques en Méditerranée par des non professionnels sont ainsi… des Grampus. © F. Bassemayousse.

Images 2 et 3 : le corps des Grampus se couvre progressivement de cicatrices avec l’âge. Preuve que ce que l’on appelle pudiquement les “interactions sociales” sont assez musclées ! A droite le jeune encore peu marqué, à gauche un adulte encore jeune, et en dessous un vieux Grampus “blanchit sous le harmais” © F. Bassemayousse.

Image 4 : Sophie à l’écoute. © F. Bassemayousse.

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Denis à bord de WWF columbus.

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