Ceux parmi vous qui naviguent ou qui suivent les aventures du WWF columbus sur ce blog savent combien la météo est importante et comment elle contraint le travail que nous menons sur les cétacés. Quelques kilomètres à l’heure de vent supplémentaires suffisent à transformer une mer belle à peine ridée en une marmite bouillonnante ou des centaines de paquets d’écumes s’ingénient à mimer le souffle des rorquals, rendant impossible toute observation sérieuse. Et disons le tout net, la Méditerranée, on l’adore, mais question météo elle est plutôt capricieuse. C’est pourquoi ce dimanche soir, en rejoignant le bateau après une pause imposée par le mauvais temps, j’étais plutôt pessimiste. Les cartes de prévisions étaient médiocres, tendance pire. Mais la mer c’est comme beaucoup de chose : tant qu’on y est pas, on sait pas, tant qu’on a pas essayé, on peut pas dire. Alors on est parti à 4 heures du matin pour être au lever du soleil au début de notre transect mensuel, en espérant en faire au moins la moitié, ce serait toujours ça de fait.
Au début, les conditions confirmaient mes craintes, un petit vent d’est caressait la mer à rebrousse poil et rendait le mien mauvais. Et puis la mer s’est adoucit, le soleil a percé les nuages qui se sont dispersés, dépités. Et puis au loin un triangle noir capturé à la volée dans les jumelles, trop massif et trop indolent pour un dauphin : des globicéphales.
Nous nous détournons pour les rejoindre. Une très bonne idée, car ces globicéphales nous offriront trois heures magnifiques, parmi les plus belles que nous ayons vécu depuis le début de nos programmes sur les cétacés.
Nous avons rapidement décidé d’utiliser le pneumatique pour être encore plus près et plus mobiles, et pour que Fred puisse se mettre à l’eau plus facilement.
Ils sont 27 en tout autour du bateau : les vieux mâles à l’extérieur nous surveillent du coin de l’œil, les femelles restent à côté des plus jeunes qui respirent encore maladroitement, et nous avons 6 ados qui viennent chahuter contre la coque, à portée de main. Un spectacle inoubliable pour toute l’équipe. Vingt sept animaux a photo-identifier, c’est du travail ! Les appareils photos crépitent autant qu’à Cannes, lorsque Brad Pitt gravit le tapis rouge. Au total nous engrangeons 7 gigas d’images numériques qu’il faudra classer et trier au retour.
Après bien des hésitations nous décidons de tenter quelques biopsies. Pas facile de tirer sur des animaux aussi confiants et familiers. Il faut choisir les plus gros, trouver la bonne distance : pas trop près pour limiter l’impact et pas trop loin car la cible et beaucoup plus petite qu’un rorqual commun. Nous nous limiterons à deux biopsies.
Nous aurions pu y passer la journée mais le devoir nous appelle. Il faut finir le transect avant la nuit. Nous quittons les Globicéphales avec regrets, après trois heures magnifiques. Nous finissons également le transect avec le coucher du soleil, sans autre rencontre notable, mais avec la satisfaction d’une journée bien remplie, et la conviction renforcée qu’à la mer la pugnacité est souvent récompensée.
Images F. Bassemayousse.
1 - 21 globicéphales sur cette image, record à battre !

2 - Entre ciel et mer …
3 - Un comportement typique de cette espèce grégaire appelé “le métro à 18 heures”.

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4 - Si vous avez l’impression d’avoir déjà vu cette photo (mais avec des dauphins) c’est que vous êtes un habitué du blog de WWF columbus… merci pour votre fidélité.

5 - “Bonjour comment tu t’appelles ?”

6 - Globi-acephalus…

7 - Chouette escorte.

8 - A demain !

Denis à bord de WWF columbus