25  juin
Mardi 16 juin - The Cachalot Day

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord, Missions Cap Cétacés

Ce mardi commence au même endroit et comme la fin du lundi mais avec une autre espèce : festival de cachalots dès potron minet ! Décidemment ce mont sous-marin recèle des ressources appréciées de toutes les espèces. Mais pour notre premier animal, nous avons choisi un capricieux, ou un malin, qui n’a pas l’intention de nous laisser l’approcher sans comprendre de quoi il retourne. Loin de fuir, il engage avec nous une danse très au point, rompant à nos approches, ressortant plus loin, nous observant au-dessus de la surface en sortant sa tête ou la faisant osciller juste sous la surface. J’ai dans l’idée que nous passons un scanner complet, pneumatique compris ! Les dauphins s’en mêlent en viennent rajouter un peu de leur pagaille personnelle au milieu de ce passo-doble, agaçant encore un peu plus notre fier hidalgo.

Dans ces situations il faut apprécier le moment où il vaut mieux céder, ne pas passer de la pugnacité à l’obstination. Alors nous cédons en espérant nous rattraper sur les autres cachalots que suit l’équipe restée à bord de WWF columbus. Espoir décu progressivement : nos lascars ont pris la poudre d’escampette avec un talent qui nous surprend toujours. Même l’hydrophone ne nous permettra pas de les retrouver, sans doute avons-nous pris un bord à contre sens.

Heureusement la journée ne faisait que commencer et deux nouvelles biopsies de rorquals viendront compenser au cours de la journée ce petit échec du matin. Cinq biopsies en deux jours : un rythme que nous n’avions pas connu depuis deux ans et qui met l’équipage de bonne humeur.

Denis à bord de WWF columbus

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Profitant du mauvais temps, WWF columbus est au vieux port pour une journée “mer” organisée par la Région PACA. L’occasion pour WWF columbus de parader dans le port avec d’autres bayeaux de l’Armada Bleue, et pour moi de participer à un débat public sur l’avenir de la Méditerranée.

Le bateau repartira Dimanche dans la nuit avec en perspective une semaine météorologique agitée qu’Amandine, chef d’expédition, saura négocier au mieux.

Denis de retour à Marseille

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Très belle surprise ce matin à 9h30 : un souffle au loin alerte les observateurs. Fred et moi, nous prenons les jumelles et essayons de déterminer la route de l’animal. Nous la voyons prendre un peu d’élan, sortir légèrement la tête pour sonder, le dos déroule sous nos yeux, l’aileron passe trop vite et trop loin pour être reconnu, et puis soudain la surprise : cette baleine sort la queue pour sonder ! Cette baleine nous la connaissons bien, c’est Flucker (en anglais quand un cétacé sort sa queue pour plonger on parle de “fluke”). Nous l’avons déjà croisé à deux reprises en juin et octobre 2006 à environ 75 milles de là dans l’est-nord-est. Cette année là, elle fut notre première baleine de juin et la première également d’octobre, alors forcément ça crée des liens. On l’aime bien notre flucker et on est content de la voir. Nous avons déjà deux biopsies de cet animal aussi inutile de poursuivre. Poursuivons plutôt les autres baleines qui se signalent sur l’horizon.

C’est une belle journée qui commence, une journée dense et rondement menée : à 13h17 cinq biopsies supplémentaires ont rejoint le congélateur.

Une journée qui nous mène jusqu’à Hyeres pour une fin de mission précoce. Qu’on se le dise, en juin 2009, le vent souffle en fin de semaine !

Une troisième semaine de cette mission de juin qui s’achève sur un bilan plutôt positif avec 15 biopsies engrangées jusqu’à présent, plus que pour toute l’année 2008.

Denis à bord de WWF Columbus

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Cette semaine nous avons à bord Sébastien PERSONIC, jeune enseignant-chercheur à l’Université de Toulon de son état, qui travaille sur les virus du milieu marin. Sébastien est toujours partant pour nous faire partager ses connaissances et nos quarts d’observation sont ainsi l’occasion de découvrir ce monde des virus sur lequel on commence à peine à lever le voile.

Saviez-vous que dans une cuillère à café d’eau de mer on trouve en moyenne de 10 à 100 millions de virus, et de 1 à 10 millions de bactéries ? Ces virus sont presque exclusivement des virus visant ces bactéries ou certains organismes unicellulaires. Ils exercent une sorte de contrôle sur ces populations d’unicellulaires et peuvent bloquer leur prolifération ou parfois au contraire permettre qu’elles se développent. Cette capacité de contrôle leur fait jouer un rôle dans les grands équilibres du milieu marin qui apparaît de plus en plus important. Par exemple, les bactéries sont très impliquées dans le piégeage du carbone dans l’océan : elles sont les intermédiaires qui permettent que la gaz carbonique se l’atmosphère se retrouve sous des formes stables, bloqué dans les mers de notre planète. Ce carbone “piégé” est sorti des grands équilibres atmosphériques et ne contribue plus au réchauffement du climat. Autant de gagné !

Mais si ce sont les bactéries les ouvrières de ce processus et que ce sont les virus qui les contrôlent, alors on peut dire que ces virus contrôlent aussi, en partie, le réchauffement climatique. Bon ! Ce que je vous livre là, ce sont les prémisses de travaux de recherche qui nécessitent encore d’être sérieusement approfondis. Inutile de s’exiter comme on a pu le faire, à rebours, sur les pets de vache “cause majeure” du réchauffement. Les virus ne nous sauveront pas demain, ils n’éviteront pas à nos sociétés d’entreprendre les changements radicaux que nécessitent les enjeux du réchauffement ! Mais il est toujours passionnant d’entrebailler une porte sur un champ de connaissance presque vierge et riche de pleins de questions auxquelles se confronter.

Au fil du quart, nos pensées s’égarent un peu, nous remarquons que la différence n’est pas grande entre un gène et un virus : et si ce que nous appelons “nos gènes” n’étaient que des virus évolués qui avaient eu l’astuce de s’entourer d’une sorte de fruit - nous ! - pour assurer leur reproduction ? Brrr, ça fait froid dans le dos ! On pense avoir son libre arbitre et puis nous voilà réduit à la condition d’avatars au service de super-virus !

Mais je vous rassure sur deux points :

1 - Rien de scientifique là dedans, juste des pensées égarées par l’effet hypnotique de l’horizon marin !

2 - Nous n’avons pas fait que délirer sur les virus aujourd’hui : 3 nouvelles biopsies au compteur ! Un groupe complet de trois baleines qui se déplacent ensemble : la génétique nous apprendra peut-être les liens qui les unissent, s’il y en a.

Denis à bord de WWF columbus

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Changement d’équipage après cette pause du Week-end. Frédérique Bassemayousse notre photographe préféré nous rejoint, Amandine et Fabienne sont remplacées par Sebastien et Philippe, faisant basculer le sex-ratio du bord côté XY, hélas …

Cap au sud-ouest. A 20 milles de là se trouve un mont sous-marin qui culmine à 427 mètres exactement, au milieu de fonds à plus de 2000 mètres.

Un site où les rorquals semblent trouver de la nourriture puisque les observations de succèdent. De 16 à 21h, les souffles de 5 rorquals communs seront détectés autour de ce mont des merveilles. Tous seront photo-identifiés et nous prélèveront une biopsie sur trois d’entre eux. Nous avons une raison supplémentaire de nous réjouir : parmi ces rorquals une mère et son jeune probablement né cet hiver.

Bienvenu chez nous minot !

Denis à bord de WWF columbus

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La météo de ce jeudi matin nous laisse un moment indécis, puis nous pousse sans équivoque vers Marseille. Inutile de poursuivre des observations dans cette mer couverte de moutons blancs qui se déguisent en autant de souffles.

Le WWF columbus est attendu ce Week-end aux Embiez dans le cadre des journées de la mer. Cela lui laissera un peu plus de temps pour faire la route et s’organiser.

Denis à bord de WWF columbus

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9h45, ce matin, un appel est lancé depuis le toit du Columbus par Jean-Baptiste qui vient de retrouver le souffle de notre animal. Et voilà nos trois observateurs les plus aguerris partis rejoindre notre premier … CACHALOT !!!

Petit retour en arrière. Ce matin la fin du premier quart approchant, les esprits des trois observateurs commencent à s’envoler vers l’idée d’un petit-déjeuner, d’un repos bien mérité, bref d’une petite pause, mais voilà que notre premier animal de la journée fait son apparition : au loin, un souffle, léger. La première identification tend vers le Rorqual. Puis après quelques secondes, nous corrigeons et identifions un cachalot très éloigné du bateau. Quelques minutes après l’avoir observé, l’animal sonde (plonge) et dès cet instant nous nous organisons pour être fin prêt lors de sa prochaine remontée. Préparation du matériel à emmener sur le pneumatique, et « écoute » à l’aide de l’hydrophone.

Sophie, notre spécialiste en acoustique met l’hydrophone à l’eau et commence à écouter les clics émis par le cachalot pendant sa sonde. Le cachalot peut se suivre facilement par cette méthode ; une fois au fond il se met à émettre des clics reconnaissables. Ces clics lui permettent de détecter ses proies favorites : les céphalopodes (calmars). Plus il se rapproche de sa proie, plus les clics sont rapprochés puis une fois la proie trouvée la fréquence décroît et ainsi de suite jusqu’à la fin de sa sonde. Une sonde  de Cachalot dure en moyenne 45 minutes et l’animal plonge à des profondeurs allant de 1500 à 2000 m. Bref une belle performance d’apnée !!!

Au bout de ces 45 minutes, le cachalot arrête d’émettre des clics. Cela signifie qu’il entame sa remontée. Autre exploit, il ne va mettre de quelques minutes pour refaire surface. Ces quelques minutes permettent à nos trois observateurs de sauter dans le Rafale (nom du pneumatique) et aux trois autres de se positionner sur WWF columbus de façon à couvrir une zone maximum d’observation.

C’est à ce moment là que Jean-Baptiste aperçoit à plus de 3 miles du WWF columbus le premier souffle du cachalot. Il donne la position au Rafale qui part à toute vitesse dans la direction indiquée. Le temps nous est compté. Le cachalot ne va pas rester plus d’une dizaine de minutes en surface et si nous voulons faire une biopsie et une photo-identification, il faut faire vite !!

La biopsie sera faite rapidement ainsi que les photos du côté gauche de l’animal. Mais pour identifier avec certitude cet animal la prochaine fois il nous faut une photo de sa nageoire caudale qu’il ne sort que lorsqu’il sonde(contrairement aux Rorquals communs qui ne la sortent pas lorsqu’ils sondent). Quelques souffles plus tard c’est chose faite.

Fabienne à bord de WWF columbus

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Le premier quart d’observation à 6H30 ce matin n’annonce rien de bon ; nous sommes au centre d’une dépression, il y a du vent de secteur sud et la mer est formée. Après de nombreuses tergiversations sur la route à prendre pour trouver de meilleures conditions, la première équipe d’observateurs se met à l’avant avec peu de conviction.

Un quart d’heure plus tard et une fois mouillés, nous décidons de quitter notre poste d’observation pour attendre à l’abri. Le vent devrait se calmer dans la matinée.

Si le vent est trop fort et/ou si la mer est trop formée les observations faites ne peuvent pas être utilisées, car certains animaux risquent de ne pas être détectés et les modèles statistiques ne peuvent donc pas être appliqués.

En fin de matinée, la météo s’améliore, retour en observation.

12H12 : deux souffles. L’équipage se scinde en deux : 3 observateurs partent sur le pneumatique pour réaliser la photo identification et la biopsie pendant que les 3 autres restent sur le WWF columbus pour guider l’équipe « pneumatique ».  Les observateurs restés sur WWF columbus sont plus haut sur l’eau, ils détectent souvent la baleine avant l’équipe du pneumatique, leurs informations communiquées par VHF sont très précieuses.

Lors de la première approche, la baleine semble tranquille, nous prenons les premières photos du chevron droit (pigmentation sur l’avant de la tête en forme de chevron) et de la dorsale qui nous permettrons de reconnaître cet animal.

Le temps de noter les numéros des photos sur la plaque de prise de notes, la baleine fait un saut à environ 400m du pneumatique. Trop rapide pour que nous aillons le temps de nous saisir de nos appareils photos… seulement pour le « splashhhhh » (dommage …). L’autre baleine que nous avions détectée en même temps était-elle à nouveau dans les parages ? S’agit-il d’intimidation, de séduction, de compétition ? A ce jour nous ne connaissons pas les raisons de ces sauts toujours très impressionnants.

Après cet épisode nous pourrons à nouveau l’approcher pour effectuer la première biopsie.

Une seconde baleine sera photo identifiée et biopsiée dans l’après-midi à cinq miles de la première.

Une pensée pour les scientifiques du CIRAD et de l’Université de Bordeaux (qui effectuent respectivement les analyses génétiques et de polluants) pour qui nous avons enfin des échantillons !

Amandine à bord de WWF columbus.

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Une pleine journée à tirer deux grands bords vers le sud-est puis sud-ouest. La mer est toujours vide de baleine dans cette partie est, mais la météo nous ouvre les portes de l’ouest où nous avions trouvé des animaux à la toute fin de mai. C’est d’ailleurs un parcours assez connu pour les rorquals communs qui transitent généralement par l’ouest lors de leur retour estival vers le sanctuaire Pelagos.

Un trait de filet à plancton pour conclure la journée qui vérifie l’équation des premiers jours : pas de baleine = pas de krill !

Denis à bord de WWF columbus

Le filet qui nous permet de collecter du krill… quand il y en a.

Petite soupe mélangée des profondeurs

C’est ce petit animal qui aurait inspiré le film “Alien”

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Après deux jours à terre où le WWF columbus à accueilli le public du festival courant d’ère le bateaux est à nouveau organisé pour la mission Cap cétacés. Les panneaux présentant nos activités sont démontés, les plaquettes et autres éléments de communication sont rangés. La sonde température salinité est réinstallée, l’ordinateur aussi. Dimanche soir nous sommes prêt à repartir.

Thierry, du Parc national de Port Cros a été remplacé par Jean-Baptiste, un observateur qui fait ses débuts sur cette mission. A part ce changement l’équipage reste identique à la semaine dernière.

Le vent qui devait tomber ce soir tarde à se calmer, nous dormons au port.

Amandine à bord de WWF columbus

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