Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord
Il est des coins de méditerranée où la biodiversité, comme par miracle, résiste encore vaillamment aux coups de boutoir de l’industrie. Le golfe de Fos est un de ces endroits où chaque jour se joue la “bataille pour l’espace”… Le temps d’un samedi ensoleillé, WWF Columbus est allé grossir le rang des amoureux de la nature et des hommes à Port Saint Louis du Rhône, pour fêter la biodiversité méconnue et exceptionnelle du Golfe, menacée par des projets industriels qui pour beaucoup d’entre eux, sont des régressions pour la nature et le bien-être des habitants.
Vendredi soir, arrivée et amarrage du WWF Columbus sur le quai Ouest de Port Saint Louis du Rhône. Courte escale à Marseille où Jean-Yves et Cédric ont embarqué Varùna, Benjamin, Carmen et Fabienne, l’équipe de choc qui fera découvrir aux enfants et aux adultes les programmes du WWF en mer mais aussi sur terre.
L’équipage est accueilli par Gérard et Betty, du CCSE, qui raconte jusque tard dans la nuit leur amour et l’histoire du territoire, logé entre Camargue et Crau, qui depuis les années 60 a accueilli des quais de débarquement, des hangars, des terminaux méthaniers, des éoliennes, un incinérateur…
Après une nuit de sommeil réparatrice sur le bateau, debout tôt le matin pour préparer les stands. C’est un joyeux désordre : les grilles, les bâches, les tentes, les panneaux des associations exposantes se mélangent. Cyril, de l’association Nacicca, joue les régisseurs pour y mettre bon ordre. 10 heures, tout est fin prêt pour accueillir les premiers visiteurs. Ce que compte le golfe d’associations de protection de la nature – Marais du Vigueirat, LPO, URVN, CEEP et bien sûr Nacicca – se retrouvent pour dévoiler les richesses cachées et menacées du Golfe : de l’endémique althénie filiforme du salin du Caban, menacée par un projet de canal, au ganga cata de Crau, les habitants découvrent ou redécouvrent les beautés de leur territoire, que les torchères ou les entrepôts à container n’ont pas encore totalement éclipsées.
11h30 : un débat passionné et improvisé s’engage sur le WWF-Columbus entre le maire, les élus de Port Saint Louis et les associations, sous la modération de Serge. L’une des vertus du bateau est de délier les langues, mais aussi de faire s’ouvrir les oreilles. On aborde la pêche au thon rouge, le projet de canal sur le salin du Caban, les enjeux économiques, le commerce international, l’écologie industrielle… Et l’on entrevoit ce qui se joue autour de l’aménagement de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille : la place de la France dans l’économie-monde, le développement industriel, la pollution et la santé des habitants, nos modes de consommation, la place que nous laissons à la biodiversité. Conclusion, il est urgent d’en appeler à notre imagination pour trouver des solutions alternatives qui préservent le vivant, notre patrimoine commun. Les associations y sont prêtes. Le Grand Port de Marseille l’est-il ?
Leçon pratique : la sortie en mer qui suit, guidée par Jacques, fait toucher des yeux l’intensité du développement du port. Détail croustillant, un porte-container décide de quitter son quai de débarquement à la vue du frêle esquif… du moins se plaît-on à le croire.
L’après midi est à l’avenant : signature de pétitions, découverte d’expo photos où le crapaud calamite le dispute au butor étoilé, spectacle pour les enfants, petites expériences découvertes sur les écosystèmes saumâtres.
Fin de la journée : le WWF-Columbus s’apprête à quitter le quai pour la mission cap cétacés. Fidèle à sa mission, le bateau retourne en mer, après avoir plaidé pour la biodiversité terrestre.
Mohend


























