Nous avons fini l’an dernier un cycle de quatre années (2006-2009) consacré à l’étude du niveau de contamination des rorquals communs. Je vous en livre ici les principaux résultats : 5 418 milles parcourus, 79 biopsies collectée afin d’établir un niveau de référence pour la contamination des rorquals communs en PCBs (5 824 ng.g-1 lp pour les mâles et 2 622 ng.g-1 lp pour les femelles), OCPs (10 370 ng.g-1 lp pour les mâles et 3 239 ng.g-1 lp pour les femelles) et en PBDE (245 ng.g-1 lp pour les mâles et 119 ng.g-1 lp pour les femelles). Ces taux sont significatifs et cohérents avec les données existantes et le régime alimentaire des rorquals communs qui se situe assez bas dans la chaîne alimentaire mais également avec la régulation précoce de l’usage des PBDE en Europe.
Les mâles sont 3 fois plus contaminés que les femelles qui peuvent se décharger de ces polluants via l’allaitement preuve indirecte que la plupart des femelles ont mis bas ces dernières années.
Pour les cachalots et les globicéphales, seulement 16 biopsies ont été réalisés et les résultats montrent des taux de contamination quinze à trente fois plus élevé que ceux des rorquals communs et dépassent le plus souvent le seuil au-delà duquel on pourrait observer des effets physiologiques.
Ces travaux contenait également un aspect génétique qui complète la photo-identification dans l’identification des individus et permet de mettre en évidence d’éventuels liens de parenté.
Cette année nous démarrons un nouveau cycle d’étude de deux à trois ans en capitalisant sur l’expérience acquise en matière de collecte de biopsie mais en changeant les objectifs :
1 - Poursuivre l’étude génétique de la population de rorquals de méditerranée et essayer de comprendre en particulier la nature des échanges entre cette population et celle d’Atlantique. Cette question n’est pas gratuite car elle apportera des éléments sur la capacité des rorquals communs méditerranéens à résister au réchauffement climatique : si le krill espèce d’eau froide venait à disparaître en Méditerranée les rorquals sauront-ils s’adapter à une autre ressource comme les petits poissons pélagiques ainsi que le font leurs congénères d’Atlantique ? Dans ce contexte, des échanges entre populations seraient un vrai facteur de résilience.
2 - Poursuivre l’étude des polluants en se concentrant sur les odontocètes, c’est à dire les cétacés à dent, soit les cachalots et les globicéphales noirs. Nous n’avons pas réussi les années précédentes à obtenir un nombre suffisant de biopsies sur ces animaux et nous allons y consacrer plus d’effort, notamment à la fin de la saison qui est plus propice à leur rencontre.
3 - Enfin, at last but not least, nous allons doser les hormones présentes dans le gras des animaux ce qui devrait nous indiquer d’une part si les femelles portent un petit ou non, et d’autre part si les mâles sont matures ou non. Des informations d’un grand intérêt pour estimer l’état de santé de la population de rorquals communs.
Nous voilà donc repartis pour 9 semaines de missions en juin, juillet, août et septembre.
