… je vous racontais notre quotidien à bord du Columbus. Nous sommes donc toujours 6 observateurs et 2 membres d’équipage : Jean-Yves et Cédric qui s’occupent de la conduite du navire en se relayant 24/24 à la barre.
Les six autres se scindent en deux groupes de 3 : une première équipe démarre sa journée à 6h par un petit-déjeuner copieux avant de partir à l’avant du bateau pour un quart d’observation de 2h. L’équipe est relayée à 8h30 par les trois autres jusqu’à 10h30, etc, etc jusqu’à 20h30. Durant les pauses, on profite généralement de ce temps libre pour se reposer, bouquiner et surtout cuisiner, faire la vaisselle et ranger un peu tout se qui traîne. Cuisiner : une grande activité à bord avec les questions rituelles qui reviennent semaines après semaines : on fait quoi à manger !?! on mange quoi ?!?
L’avitaillement a lieu tous les quinze jours et est fait par un grossiste en produits biologiques ; entre temps, si le besoin se fait sentir, nous faisons quelques courses pour recharger ce qui peut manquer (fruits, pain). L’arrivée du livreur sur le quai signifie le long et fastidieux rangement des 35 pacs d’eau, et des kilos de frais : fromage, yaourt, pâte à tarte, compote, viande, fruits à gogo, légumes… Bref, on ne meurt pas de faim à bord du Columbus ! L’après-midi est d’ailleurs souvent un moment privilégié pour faire des gâteaux : on a vu de tout à bord : des bananes au chocolat et au beurre, en passant par des tartes aux couleurs et goûts variées, des gâteaux au chocolat et j’en passe bien des meilleurs !
Toute cette belle organisation « vole en éclat » dès qu’un cachalot ou une baleine est repéré. En effet, la configuration des équipes se modifie puisque trois d’entre nous partent à bord du pneumatique pour réaliser photos et biopsie du ou des animaux et trois restent à bord pour diriger à la VHF « l’équipe pneumatique ». Et des fois, ça dure longtemps !!! Et dans ces situations, on se retrouve généralement le soir autour d’une belle assiette de nouille toute simple mais revigorante !
Fabienne à bord du WWF-columbus
Les tortues
Cinq tortues pour cette seule journée ! C’est presque autant que le total de nos observations certaines années, et cette abondance est une tendance assez nette pour 2010. Mais s’agit-il des prémices d’un retour durable de l’espèce ou une conjoncture favorable cette année ? Il n’est pas possible de le dire, mais c’est certainement un signe favorable.
Détail amusant, des oiseaux (des guifettes noires semblent-ils mais nous n’avons pas d’ornythologue à bord) étaient perchés sur trois d’entre elles. Trois sur cinq, c’est plus qu’un hasard et aussitôt nous conjecturons sur le mode « scientifique » : du commensalisme avec avantages mutuels ? Mais si on voit bien l’avantage pour l’oiseau qui peut à la fois faire une pause à pieds secs et piocher dans le banc de petits poissons qui accompagnent la tortue, pour celle-ci, le bénéfice n’est pas évident. A moins de considérer que la tortue aime rendre service ? Qu’elle ne s’est pas rendue compte qu’elle avait un oiseau sur le dos ? Qu’elle aime le léger gratouillis des pattes de guifette sur sa carapace ? Ou bien tout simplement qu’elle n’ait d’autre choix que d’accepter cet hôte impoli pendant son indispensable bain de soleil. Quelle somme de mystères que la Nature !
Denis à bord de WWF-columbus


Placide tortue.
© Fred Bassemayousse/WWF