20  juin
A vos agendas !

Publié par WWF, Publié dans Actualités

Après avoir déjà fait quelques sorties avec nos partenaires Arkadin, Rainett, et Carrefour, le Columbus revient de deux semaines en mer pour la première mission Cap Cétacés de l’année. Depuis 2006, ce programme a pour but de diagnostiquer le niveau de dégradation du milieu marin afin d‘élaborer des recommandations pour la préservation de la Méditerranée et de sa biodiversité. Cap Cétacés est le cœur d’activité de la programmation du bateau.

Quand le Columbus ne sera pas au large, il aura le plaisir d’arpenter les côtes méditerranéennes pour participer à différents festivals. Un premier arrêt est prévu à Saint Jean Cap Ferrat, pour le Festival Courants d’Ere, du 25 au 26 Juin. Au programme de ce week-end : des sorties en mer, des activités pédagogiques à bord, et un stand pour vous accueillir et vous expliquer nos missions vous seront proposés.

Le WWF Columbus mettra ensuite le cap sur Barcelone, où sa présence est attendue dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée du 28 au 30 Juin. Ces quelques jours d’ateliers ont pour but de renforcer la contribution des ONG et des OSC (Organisation de la Société Civile) pour la mise en place de politiques communes dans les domaines de la protection de l’environnement et de la gestion durable des ressources naturelles.

Comme l’année dernière, le WWF Columbus sera présent à Argelès-sur-Mer (du 3 au 8 Juillet), aux Régates Royales (du 18 au 24 Septembre), au Festival du Vent (du 26 au 30 Septembre), et permettra à nos partenaires de prendre place à bord pour quelques virées en mer. Une opportunité pour eux de découvrir les actions du WWF Columbus de plus près mais aussi d’avoir une vision concrète de la richesse naturelle dont regorge la Méditerranée puisque des visites de parcs naturels sont prévues.

Cette année encore, le WWF Columbus partira dans les eaux espagnoles pour poursuivre la mission du marquage du thon rouge. En partenariat avec le WWF MedPo, cette mission a pour but de collecter des informations sur les migrations de thons et contribue ainsi à la sauvegarde des populations de cette espèce emblématique gravement menacée par la surpêche.

Retrouvez toutes les aventures du WWF Columbus, ainsi que sa programmation à l’adresse suivante : wwf-columbus.org

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18  juin
18 juin - Retour à terre

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Encore un départ bien matinal et en fanfare ! Un énorme splash sous l’horizon : les rorquals sautent dès 7h15 (encore !). Le saut d’un rorqual produit un peu le même effet qu’une cascade qui semble tomber au ralenti, comme un mirage improbable qui tout d’un coup traverse votre champ visuel et reste un moment suspendu sur le bleu du ciel et sur la rétine.

Nous réussirons deux biopsies dans un clapot formé, mais à la troisième le moteur du pneumatique dit stop ! Plus de démarreur, une odeur de brulé sous le capot. De toute façon le mauvais temps est prévu pour dans une paire d’heure. Reste qu’il faut remonter le moteur pour tracter le pneumatique jusqu’à Hyeres et avant cela inverser la manœuvre habituelle : c’est au WWF columbus de rejoindre le petit bateau en souplesse. Une manœuvre que Cédric, second du bord, réussira avec brio. Il lui faudra une bonne demi-heure avec Fred pour trouver le fusible en cause et remonter le moteur. Merci. Saluons la chance de n’avoir pas eu cette panne quelques jours plus tôt.

C’est le moment du bilan et il est excellent. Nous avons réussi à travailler la majeure partie des deux semaines de mission, servis par des cartes météo précises et fidèles et des cartes d’habitat favorables tout aussi pertinentes. Nous avons engrangé 27 biopsies dont une de cachalot au cours de ces deux semaines. A titre de comparaison c’est le double de ce que nous avions fait en totalité lors des saisons 2007 et 2008, les trois quarts du total de 2009. Nous sommes sur le rythme de 2010, une année exceptionnelle avec 95 biopsies.

L’important n’est évidemment pas le « score » mais ce que vont nous apporter ces biopsies en terme de connaissances. Nous avons reçu les résultats des analyses des échantillons de 2010 (les analyses sont réalisées par l’école nationale vétérinaire de Nantes) et ils sont très encourageants. Tout d’abord au plan méthodologique comme je le disais en ouverture de cette mission car nous avons maintenant à notre disposition un outil remarquable pour évaluer la fécondité des rorquals communs. Mais aussi par les résultats obtenus : sur les 35 femelles analysées en 2010 18 seraient gestantes, soit 51%, ce qui est au-delà de nos espérances. Ces résultats du laboratoire sont cohérents avec ce que nous avons observé ces deux semaines où nous avons recensé 4 jeunes et très jeunes rorquals, ce qui est un nombre exceptionnel !

Prochain départ le 24 juillet.

A bientôt

Denis à bord de WWF columbus

Générique de fin - Générique de fin - Générique de fin - Générique de fin - Générique de fin - Générique de fin -

L’équipe de cette dernière semaine de gauche à droite : Denis, Patricia, Isabelle, Aurélie, Cédric, Véronique, Jean-Yves, François et en ombre chinoise : Fred.

Ciels !

Aurélie, responsable du programme pêche et cétacés : souriante et … sérieuse. Merci pour tout.

Bruno : parfait même avec le mal de mer. Pas facile.

Véronique : deux semaines de sourires, impeccable dans tous les secteurs de jeu.

François et Denis : des amis de 20 ans … des vrais.

L’indispensable Fred, photographe, tireur d’élite, humoriste et roi des petits chantiers.

Isabelle : c’est bien aussi hors du bureau !

Patricia : partenaire équipière. Merci pour ces belles journées et pour ce soutien de longue date sans lequel le programme Cap Cétacés n’existerait pas.

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17  juin
17 juin 2011 - Grosse journée à baleineland

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Quand nous remettons les pieds sur WWF columbus à 21h50, cela fait 9 heures que nos sommes sur le pneumatique avec Fred, passant d’un animal à un autre sans discontinuer. Ce n’est pas un record mais la mer un peu formée rend les choses un peu plus difficiles. Fred a beau être costaud, l’arbalète tenue à bout de bras finit par peser une tonne, une tonne et demi au creux de la vague !

Mais c’est une belle journée avec un total de 6 biopsies dont notre premier cachalot de l’année. Un gros mâle, immobile en surface, avec cette façon caractéristique de mimer une bûche entre deux apnées. Nous sommes sur 2500 mètres de fond, une profondeur qui ne lui fait pas peur. La biopsie est facile. Il reste encore 5 minutes immobile, exactement comme un apnéiste avant de plonger (c’est plutôt l’apnéiste qui fait comme le cachalot), puis lentement il se remet en mouvement. Les photographes sont concentrés. Comme pour les baleines à bosse c’est sur la caudale que se fonde principalement la photo-identification des cachalots. Pas le moment de s’aviser de mauvais réglages, de bailler ou d’éternuer. L’instant est bref, mais toujours aussi majestueux. Sans un remous il est parti pour un voyage de plus d’un kilomètre, là ou la pression atteint 150 kg pour chaque cm2 de son corps, dans le noir total.

Denis à bord de WWF columbus

Môôssieur cachalot !

Maman avec en haut et à gauche un très jeune

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16  juin
16 juin 2011 – Course poursuite

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Cela fait 11 ans maintenant que je fréquente les rorquals communs de Méditerranée. Je les savais rapides, capables de sprints surprenants pour la masse qu’ils doivent déplacer, mais ils nous ont démontré aujourd’hui leur incroyable aptitude de coureurs des mers. Tout à commencé par une grosse gerbe d’écume à quelques centaines de mètres du WWF columbus, puis une autre un peu derrière, puis encore une autre plus loin. Nous suivons, poignée dans le coin, comme on dit chez les motards. Nous identifions deux rorquals lancés à pleine vitesse qui pulvérisent la surface à chaque respiration, suivi par un autre solitaire. Le WWF columbus est à fond, mais la distance se creuse avec les deux leaders qui sont rapidement sur l’horizon. Le troisième renonce et reprend une allure plus normale. Voyant qu’il n’est pas possible de les rattraper avec le gros bateau, nous sautons dans le pneumatique plus rapide pour tenter de combler notre retard. Il nous faudra 20 minutes lancés à 15 nœuds (30 km/h) dans un clapot formé pour les rejoindre. Le spectacle est magnifique de puissance et de fluidité. Les deux animaux naviguent collés l’un à l’autre, respirent synchrones, arrachent à la mer des paquets d’écumes en replongeant face aux vagues qu’ils défient de leur force. Rattrapés mais pas attrapés. Une nouvelle sonde pour nous semer et disparaître en accélérant encore ou en empruntant un chemin de traverse dont ils ont le secret.

Nous retournons au gros bateau, à allure réduite, tassés de 5 bons centimètres dans l’opération. Pour Fred et ses 195 centimètres c’est tout bénef : pour une fois il tiendra sans dépasser dans sa banette !

Le dauphin piquet

La rousserole ébouriffée aussi appelée rousserolle Marylin

Sa cousine la rousserole affectueuse

La tortue en tutu et son accompagnateur préféré : le rouffe

Mer d’huile

Denis à bord de WWF columbus

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Aujourd’hui je cède la plume avec un très grand plaisir à la présidente du WWF France, Isabelle Autissier, marin au long cours et écrivaine (entre autre), qui partage ces jours de mer avec nous.

Denis

Magnifique éclipse de lune cette nuit. Aux jumelles, la belle bouille ronde était luisante, on aurait pu compter les montagnes à sa surface. Le tout sur un fond d’étoiles, un gentil vent de travers et « Colombus » taillant vaillamment sa route à plus de 7 nœuds. Une nuit idyllique pour clore une journée qui ne l’était pas moins.

Ce matin, pas de réveil en fanfare avec baleines en vue. Non, les braves bêtes devaient faire une grasse matinée dans les abysses. Denis nous avait promis que nous étions dans leur jardin, mais elles ne devaient pas être d’humeur à herboriser. Pas question de déserter la veille pour autant, restons à l’affut et puis, c’est bien beau un jour de calme ensoleillé en Méditerranée.

Cette dernière a d’ailleurs du vouloir nous dédommager. Jusqu’au début d’après-midi c’était le festival Biodiversité. La mer plate comme la main favorise le repérage de chacun de ses habitants : poissons-lune alanguis de la nageoire, thon sautant au loin,  cabrioles de dauphins, tortues musardant et même requins. Là certains à bord traumatisés par «  les dents de la mer » ne se mettraient à l’eau pour rien au monde. Ce n’est pas le cas des autres qui tenteront une approche caméra au poing. Peine perdue, ces requins-ci ne sont pas d’humeur hollywoodiennes et pour tout dire plutôt timides.

Puis vient l’étrange, l’inconnue vite surnommée « la bête du Colombus ». A la surface deux rides parallèles distantes de plus de trois mètres taillent la route. De temps à autre surgit une petite masse sombre qui ne ressemble pas à une tête au départ des rides. Le temps de mettre le pneumatique à l’eau, elles se sont enfuies. Les supputations vont bon train. La voilà ! Ici ! la bas ! tout l’équipage est sur le pont. Au mieux pourra-t-on discerner une grande masse sombre qui semble s’étendre d’une ride à l’autre. Verdict final : sans doute une raie Manta, une rencontre proprement extra ordinaire en Méditerranée. Mais, chut ! Ne le dites pas, nous n’avons aucune preuve et pas la moindre photo.

A peine remis de cette surprise, les baleines se réveillent et le festival commence. Nous avons dû tomber dans le jardin d’enfants car nos deux premières cibles sont accompagnées de leur petit. Il  faut redoubler de précautions pour ne pas effrayer les animaux mais effectuer quand même les biopsies. L’un des jeunes qui ne semble avoir que quelques semaines est jugé trop jeune pour le prélèvement, quand au second, taquin comme un ado, il fera tourner en bourrique pendant une heure et demi l’équipe pour finalement gagner la partie…. Il échappe au prélèvement. Voilà en tous cas une nouvelle encourageante pour la protection des cétacés que de rencontrer ces petites familles.

Nous les avons à peine abandonné qu’un autre animal surgit tout plein de parasite. Celui-ci n’y échappera pas.  Il est déjà 21 heures, le soir tombe. Quel dommage il  nous oblige à arrêter de pister deux autres baleines. Denis avait raison, nous sommes bien dans leur jardin.

Ces trois jours sont passés bien vite. Il faut abandonner l’équipe qui reprend la mer dès après nous avoir déposé à Nice. Il va leur falloir faire vite avant que le mauvais temps de ne s’installe.

Merci de l’hospitalité et bravo pour le travail si précieux pour la sauvegarde de la biodiversité marine.

Isabelle Autissier à bord de WWF columbus

Patricia RIcard prend son tour de n°3 à bord du pneumatique

François Sarano aussi !

Isabelle Autissier veille sur le Panda, et réciproquement !

Quelle éclipse et quelle journée !

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14  juin
14 juin 2011 – Physionomie cétologique

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Le lever du jour nous trouve filant vers l’est - une habitude - laissant progressivement le vent et les vagues derrière nous. Je dis « progressivement » mais la Méditerranée nous réserve souvent des changements de visages spectaculaires, et ce jour en fait partie : dès le milieu de journée la mer s’aplatit en une belle pétole comme nous les aimons.

Mais la journée à commencé pour nous dès 7h15. Les baleines sont matinales cette année ! Comme souvent, les deux premiers animaux sont rejoints par un, puis deux autres.

Travailler avec des groupes n’est pas facile car une fois le premier animal biopsié, il faut être certain de ne pas le confondre avec un autre pour éviter une double biopsie. Cela exige d’identifier des signes distinctifs sur chacun des animaux, signes qu’il faudra repérer pendant le temps parfois très court qui précède le tir. Le plus souvent les animaux nous aident un peu en gardant toujours la même place dans la formation - à droite, à gauche, arrière droit, etc. - et dans l’ordre des sondes, mais il arrive que nous soyons confrontés à des animaux qui se ressemblent et cela devient compliqué ! C’est un peu le cas aujourd’hui avec deux baleines qui ont une encoche à la base de la dorsale, jusqu’à ce que nous repérions une toute petite encoche proche de la pointe sur l’une d’entre elle. Pour se faciliter la tache, nous avons des fiches qui permettent de dessiner les principaux signes distinctifs de chacune des baleines d’un groupe. C’est le travail du n°3 à bord du pneumatique, qui a aussi la charge des photo-identifications, mais chacun y contribue et en particulier Fred notre tireur qui, de sa position avancée est au première loge, et qui surtout devra prendre la décision finale de décocher ou non. Finalement nous ferons du 100% : 4 biopsies pour 4 baleines observées.

Durant les pauses quand les rorquals sont sous l’eau, nous admirons un magnifique chassé-croisé entre la lune presque pleine et le soleil de juin encore vigoureux malgré l’heure tardive. Un petit salut à Charles Trenet !

La journée se termine par un dîner débat improvisé sur les forages et la nécessité de réformer notre bon vieux  code minier suivit de l’excellent documentaire « global sushi » sur  l’hystérie et le trafic mondial des ressources marines et ses conséquences humaines désastreuses, informatif, pédagogique et …édifiant !

Dauphins bleu et blancs à l’étrave du WWF columbus

Yepee !

Explications de nos méthodes et protocoles à Isabelle Autissier et Patricia Ricard  très attentives.

Tout le monde met la main à la vaisselle sous un ciel plein d’étoiles

Denis et Patricia Ricard à bord de WWF columbus.

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13  juin
13 juin 2011 – Aujourd’hui c’est Hyeres

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Nous accueillons FR3 Corse à bord mais la météo n’est pas de notre côté et les baleines non plus….

Départ vers les calmes de l’est en fin d’après midi en passant par le canyon des Stoechades.

De haut en bas et de gauche à droite : François Sarano, co-auteur du film Océans, Patricia Ricard, Présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard, et Isabelle Autissier, Présidente du WWF France. Le carré VIP du WWF columbus cette semaine.

Tournage à bord

Plein de chouettes petits pandas !

Denis à bord de WWF columbus

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12  juin
12 juin 2011 - Arrêt au stand

Publié par Dody, Publié dans Carnet de bord

Journée de pause entre les deux semaines pour un changement d’équipage. Nous accueillons lundi Isabelle Autissier, présidente du WWF France, et Patricia Ricard, présidente de l’Institut Océanographique Paul Ricard, notre partenaire sur le programme Cap Cétacés. Espérons que la météo et les baleines ne nous feront pas faux bond.

De gauche à droite : Cédric, Jean-Baptiste, Aurélie, Fred.

Denis à bord de WWF columbus

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11  juin
11 juin 2011 – Rien à signaler

Publié par Dody, Publié dans Carnet de bord

Journée blanche sans aucune observation à nous mettre sous la dent. Hier, plein de baleines, aujourd’hui, à quelques milles de là seulement : rien !

C’est le moment de retourner à Hyeres pour le changement d’équipage  Nous repassons le soir en rentrant sur le secteur où nous étions hier et … bingo ! Une puis deux baleines soufflent. Mais il est trop tard, une grosse houle de plus d’un mètre s’est levée, impossible de travailler avec le pneumatique. Nous reviendrons au « jardin des baleines ».

Dans la soirée nous essayerons de récupérer du krill avec un filet à plancton tracté pendant 20 minutes mais sans succès cette fois ci.

Denis à bord de WWF columbus

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10  juin
10 juin 2011 – Record de banette

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Cette journée commence par un record de banette. N’y voyez pas une opération marketing d’une célèbre marque minotière, pas plus qu’un concours au petit déjeuner à base de tartines géantes. Non, la banette en termes marins, c’est la couchette que le matelot harassé par son dur labeur rejoint à la fin de son quart pour un sommeil sans rêve et de courte durée.

A bord de WWF columbus, quand le mauvais temps sévi, que la mer joue les montagnes russes et que le vent nous prive de l’horizontalité, la banette est à peu près le seul endroit où l’on peut se caler avec un peu de confort. Nous avons quitté l’abri de Porto Pollo hier vers 16h et atteint le sud de Nice vers 9h ce matin. C’est le temps que j’ai passé à lire et à dormir, en attendant que ça passe, dans mon petit espace privatif et personnel. Record battu.

Nous avons failli nous abriter à la côte, déçus par une zone qui devait être calme mais qui ne l’est pas vraiment. Et puis sur la route, le vent est un peu tombé, la mer s’est aplatie, nous avons repris nos quarts d’observation. Nous avons fait un bord entre les isobathes (l’équivalent des courbes de niveau sur les cartes terrestres) 2000 et 2500, vers un secteur où celui des 2000 mètres fait une pointe en forme de bottine vers le large, baptisé « le jardin des baleines » (spéciale dédicace pour Sophie qui nous a longtemps accompagné dans ces missions). Le jardin a tenu ses promesses puisque nous y croisons deux, puis trois, puis 5 baleines, qui seront toutes biopsiées. Le premier groupe pourrait être un jeune accompagné de sa mère, flanqués d’un troisième : mâle en quête ? Autre femelle ? Il sera intéressant de voir ce que nous raconte la génétique et l’analyse des hormones à ce sujet.

Les résultats de l’an dernier ont confirmé une tendance que nous avions mise en évidence depuis que nous avons accès au sexe des animaux biopsiés via la génétique (2006) : il y a plus de mâles que de femelles en juin, c’est équilibré en juillet et août, et il y a plus de femelles à la fin de saison. Finalement sur l’ensemble de la saison le sexe-ratio est équilibré. Nous savons aussi que juin est la saison des sauts pour les rorquals et de fortes interactions, ce qui s’est confirmé hier à deux reprises (loin des objectifs malheureusement). Tout cela suggère que le sanctuaire Pelagos n’est pas seulement une zone d’alimentation, mais aussi un lieu privilégié pour la reproduction des rorquals au début de l’été.

Mais le plus exceptionnel de cette journée, ce qui la rend unique et inoubliable, c’est cette rencontre avec trois grandes raies mobula qui paressent en surface. La mobula est une parente de la raie manta tropicale avec laquelle elle a en commun une taille respectable et l’élégance de la nage. Ce n’est pas la première fois que nous en croisons au cours de nos missions car elles partagent l’habitat pélagique des baleines, mais trois ensembles, de plus de deux mètres d’envergure, qui, curieuses, se rapprochent du pneumatique et des plongeurs au point de presque les toucher, c’est vraiment exceptionnel ! Un souvenir supplémentaire pour étoffer la collection déjà très riche de notre catalogue Cap cétacés.

Escadrille de raies mobula en formation serrée.

Denis à bord de WWF columbus

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