09  juin
9 juin 2011 – Stand by c’est le ouaille

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Force 6 a 8 : inutile d’insister, il faut plier, attendre.

Une visite dès potron minet à la petite boulangerie locale. Une leçon de philosophie fort agréable de la part du boulanger, amoureux de son travail et de la vie en générale. Du pain frais et des croissants pour le petit déjeuner. Un peu de réseau pour donner des nouvelles et actualiser le blog. Nous repartirons en milieu de journée pour profiter d’une accalmie et rejoindre le sud de Nice et de San Remo qui apparaît comme la seule zone où nous avons quelques chances de travailler ces prochains jours.

On ne se plaint pas, mais on regrette un peu quand même.

Porto Pollo, petit abri fort sympathique en attendant des temps meilleurs;

Un peu de temps pour faire un bon plat … à plat !

Denis à bord de WWF columbus

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08  juin
8 juin 2011 – Ah le joli mois de Novembre !

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Deux mois de beau temps ininterrompus, une mer belle jour après jour, un printemps exceptionnel, la sécheresse qui dure… et bien tout ça, sachez le, c’est fini ! Nous sommes allé directement au mois de Novembre, sans passer par la case « été » pour prendre au passage notre légitime prime de beau temps.

Une longue traversée pour fuir le mauvais temps et nous réfugier au soir dans la baie de Porto Pollo, dans le Golfe de Valinco, en Corse. Heureusement pour notre moral, l’endroit est magnifique.

Aurélie, responsable du programme pêche et cétacés au WWF France. Quand on vous dit qu’il fait pas chaud en Méditerranée en ce moment !

Vraiment froid ! Avec Cédric marin à bord du WWF columbus.

Denis à bord de WWF columbus

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07  juin
7 juin 2011 – Balade sous les tornades

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

La journée commence sous un ciel de grain, bas et lourd, qui pèse sur nos têtes comme un couvercle. Ce ciel tourmenté nous offre le spectacle étonnant de la formation de tornades. Attention, il ne s’agit pas des monstres meurtriers du centre des Etats Unis, mais de leurs modestes cousines des zones marines tempérées. Ca commence sous un nuage qui se déploie en forme d’entonnoir, pointe en bas. Progressivement l’entonnoir devient pseudopode qui pousse vers la mer en s’affinant. A un « moment donné » la tornade commence à pomper la surface qui, dans les jumelles, semble mousser en une grosse pluie inversée. Il ne doit pas faire bon se trouver dans les parages ! Puis, au bout de quelques minutes et en quelques secondes seulement, le système se déconnecte, la pompe est désamorcée, le filament se désagrège, la mousse retombe et le nuage, apaisé, reprend une forme plus conventionnelle. La Nature nous épatera tujurs !

Notre première baleine souffle à 7h12, même pas le temps de se dérouiller ! Tout le monde est en place, la première approche est bonne, mais au moment d’épauler Fred et moi avons la même impression de déjà vu. Nous appelons le WWF columbus par VHF et nous demandons à Aurélie de vérifier les photos ID prises la veille. La petite encoche à la base de la dorsale et les deux marques parallèles sur l’arrière dont l’une bifurque vers le haut ne laissent pas de place au doute : notre Bp « 1 » du jour est la Bp « 1 » de la veille. La dérive de la nuit nous a rapproché à une dizaine de milles de notre itinéraire d’hier. Faute de nouvelle biopsie nous avons une information pas inintéressante sur les déplacements des rorquals qui paraissent tourner sur cette zone, pour s’alimenter probablement.

Six autres baleines dans la journée mais seulement trois nouvelles biopsies.

La dernière,

comme hier,

nous mène jusqu’à la nuit

et gagne la partie.

Denis à bord de WWF columbus

Mini tornade en Méditerranée

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06  juin
6 Juin 2011 – Retrouvailles

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Le premier jour de la première mission de juin est toujours un moment particulier ou nous retrouvons un territoire un peu oublié au cours de l’hiver. Mais je remarque que les années se succédant, le WWF columbus nous devenant plus familier et l’expérience s’accumulant, la transition est de plus en plus rapide. Cette année nous battons un record. L’équipage a embarqué dimanche soir, la livraison de l’affrètement a été ponctuelle, 6h30 tapante, et nous bouclons la mise en place à vive allure. Huit heure a à peine sonné que nous quittons le port de Hyeres, cap au 150.

Pourquoi 150 vous demandez vous peut-être ?

Pendant longtemps nous nous sommes basés sur la distribution des baleines les années précédentes pour définir nos routes de prospection. Un calcul simple, fondé sur les statistiques : plus il y a eu d’observations sur une zone, plus il y a de chances de retrouver les animaux au même endroit. Calcul à la fois juste et faux. Juste parce que comme les coins à champignons il y a indéniablement des zones plus favorables pour chaque espèce de cétacés. Et faux parce que les conditions changent d’une année sur l’autre et que cela influence la production de nourriture et la présence des animaux. Depuis deux ans nous bénéficions d’un apport technologique fort utile : un modèle qui prévoit les « habitats favorables » pour les rorquals communs. L’approche est un peu plus subtile que le modèle « coin à champignon ». L’idée et d’identifier non pas les zones favorables, mais les raisons pour lesquelles elles le sont. En confrontant un grand nombre d’observations avec des paramètres du milieu mesurés par les satellites au moment de l’observation et au cours des semaines précédentes, ont en déduit un « modèle ». Dès lors il suffit de faire mouliner par le modèle les paramètres fournit quotidiennement par les satellites - température, chlorophylle, salinité, etc. - pour en déduire des « habitats favorables » où la probabilité de rencontre avec les animaux est plus forte. C’est ce que fait l’ordinateur de Jean-Noel DRUON, du laboratoire du Centre de recherche marine de la Commission Européenne à ISPRA en Italie. La procédure est entièrement automatique, les données satellitaires sont reçues en fin d’après midi, le modèle produit les cartes dans la foulée et les envoie aux équipes travaillant sur les cétacés du sanctuaire Pelagos. Merci à Jean-Noël pour le coup de main !

C’est donc vers une de ces zones que nous mettons le cap. Et le modèle à l’air de fonctionner puisque nous touchons notre première baleine en bordure de zone et en début d’après midi. La première biopsie est vite dans le congélateur, Fred, notre photographe tireur d’élite n’a pas perdu la main.

Deux autres baleines nous occuperont jusqu’au soir, la seconde, plutôt capricieuse ou maligne, selon le point de vue duquel on se place, résistera jusqu’au bout en s’alliant avec la nuit. Le pneumatique retourne à bord à 21h40. Juste le temps d’un dîner où nous pouvons comparer nos belles couleurs avivées par ce premier soleil, et il est largement temps de rejoindre nos couchettes. La journée commence à 5h45 demain matin, c’est tout le charme des missions de juin et leurs jours interminables …

A demain.

Tous à vos postes d’observation !

Denis à bord de WWF columbus

Approche pour une biopsie vue du WWF columbus

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Nous partons aujourd’hui pour notre premier jour de campagne 2011. Cette première session de juin durera deux semaines, puis nous nous retrouverons 4 semaines à partir du 24 juillet. Nous avons visiblement mangé notre pain blanc météorologique avec un printemps incroyablement clément et chaud. Pour cette semaine les prévisions sont beaucoup moins sympathiques, nous allons encore jongler avec les petits creux de calmes de nos cartes météo. Une habitude…

Si la météo n’est pas bonne, les résultats de nos analyses de l’an dernier sont eux plutôt réjouissants. Ce que nous espérions s’est pleinement réalisé : nous avons pu déceler dans nos petits bouts de gras de baleine des différences dans les taux d’hormones (progestérone et testostérone) qui signent les femelles pleines et les mâles actifs. A notre connaissance cela n’avait pas encore été fait avec cette espèce et c’est une première pour la Méditerranée. Couplée avec la génétique nous avons là un très bel outil pour mieux connaître l’état de santé et la démographie de cette population de rorqual commun.

A bientôt pour le récit de ce début de mission.

Denis à bord de WWF columbus

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