15  sept
Le 15 septembre - Sacs à terre …

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Comme dit le proverbe, tout à une fin ; ce à quoi rétorque une amie : sauf la banane qui en a deux !

Le vent s’est levé, nous effectuons une dernière écoute puis le WWF columbus se dirige vers la terre. Nous avons des impératifs horaires et il faut s’y plier. En route une baleine souffle au loin, histoire de nous faire un pied de nez. Nous la retrouverons en octobre car il reste encore une semaine pour terminer cette fructueuse mission 2011. Ces 10 jours nous ont permis d’affiner notre travail sur les cachalots et leur approche. Durant cette mission nous aurons biopsié 10 globicéphales, 4 cachalots et une baleine et vue des centaines d’animaux se prélassant au soleil du sanctuaire qui leur est dédié.

Travailler à quatre n’a pas été des plus facile et la fatigue se fait sentir. Nous pensons à Olivier et Aurélie et ces quelques lignes de blog leurs sont dédiés. Je remercie Isabelle, Jf et Jeoffrey qui ont tenu la barre simplement en profitant pleinement de ce que la mer nous donnait. Merci à Cédric d’avoir été le 6ème puis le 5ème observateur lorsque son quart lui en laissait le loisir.

Merci à Jean Yves d’avoir terminé tous les petits plats mitonnés par Jeoffrey !

En souhaitant, pour octobre, découvrir où se trouve la cachette de ces animaux de 20 mètres et de 70 tonnes qui nous ont tant fait courir !

Fred à bord du WWF columbus.

La courageuse équipe survivante Cédric, JF, Jeoffrey et Isabelle, de gauche à droite bien sûr.

et le bateau

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14  sept
Le 14 septembre - Le plein de vie

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Il y a des jours où la mer reste désespérément vide et d’autres où la magie de la nature opère. C’est la récompense des mauvais jours passés à s’user les yeux sur une mer qui malmène les hommes et leurs estomacs. Dès le début des observations quelques stenella batifolent ça et là autour du bateau. Nous en verrons plus de cent dans la journée ! La surface de l’eau est chargée en plancton, méduses, salpes : un garde manger taille XXL. Les thons s’en donnent à cœur joie. Etrangement, ils nagent près de la surface relativement lentement et gobent tout le gélatineux qui se présente à leurs papilles. Les grands filtreurs et mangeurs de méduses sont également de la partie, pas moins de sept raies mobula iront rejoindre les fiches d’observations ainsi que neuf tortues et quelques poissons lune. Sur notre route, des nageoires caractéristiques en forme de faux sont repérées. C’est un groupe de quatorze dauphins de Risso très étalé. Une mère et sa progéniture viennent surfer à l’étrave. Le jeune porte derrière l’évent, les marques profondes d’un cisaillement dû probablement à une ligne de palangre. Les Risso ne font pas partie des espèces que nous biopsions, en revanche, nous effectuons les photos d’identifications d’usages. Mais toujours pas de baleine ! Nous continuons hâtivement notre recherche lorsque nos efforts sont enfin récompensés. Au loin, Isabelle assiste à un saut de rorqual. Nous pointons le navire vers le point et avalons en dix minutes, la distance qui nous sépare du mammifère. L’enthousiasme passé, nous reprenons nos habitudes : charger le pneumatique, photographier le chevron et la dorsale et pratiquer la biopsie. L’animal est tranquille et nous profitons pleinement de ce moment tant attendu en le suivant durant deux autres sondes. Nous reprenons notre route non sans avoir profité d’un « plouf » dans une eau à 26 degrés. Le Bateau met le cap au sud de l’Ile du Levant afin de nous rendre sur une zone où s’élève un mont sous-marin. Ces élévations géologiques, nous avons pu le confirmer maintes fois, favorisent la concentration d’animaux. Il est 19 heures lorsque Jean-François détecte le souffle d’un cachalot. Il nous faut quatre minutes pour nous rendre sur l’animal. Trop court, nous arrivons au moment ou il nous gratifie d’une magnifique sonde. L’hydrophone est aussitôt immergé. De l’amplificateur, nous parviens un son clair qui nous informe de sa proximité. Durant sa chasse, il ne se déplacera que d’une centaine de mètres. Nous le retrouvons 45 minutes plus tard et l’approchons le plus lentement possible. Nous attendons tranquillement cinq bonnes minutes afin de lui donner le temps de reprendre son souffle. Le soleil est couché et la lumière est limite pour la photo d’identification. Nous raccourcissons notre distance et pratiquons la biospie. L’animal reste en surface et s’éloigne tranquillement sans sonder. La lumière est vraiment trop faible pour espérer récupérer une image de sa caudale, nous le laissons à sa chasse nocturne et retournons sur le WWF columbus. Très tard dans la nuit, nous continuerons à entendre des souffles bien distincts dont le dernier sera le point final de cette magnifique journée.

Fred à bord du WWF WWF columbus

Parfois la vie peut être paisible pour un cachalot

Biodiversité :

Dauphin de Risso et ses marques “sociales”

Tortue avec son cortège de demoiselles d’honneur et son drôle de fiancé

Dauphin bleu et blanc content

Deux ailerons qui se suivent signent le requin

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13  sept
Le 13 septembre - Encore eux !

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L’avantage d’un mouillage est d’être proche d’un port. Cela permet de se dégourdir les jambes et de profiter d’un restaurant. L’inconvénient est de se trouver loin des zones d’observations, ce qui nécessite quelques heures pour s’y rendre. Nous levons donc le camp à 5 heure pour être à 7 heures sur les zones d’observations. Le vent est tombé totalement et le bateau fend la mer comme un ciseau fend la toile. Nous remontons le canyon afin de retrouver des cachalots. Après quelques écoutes, rien à l’hydrophone n’indique la présence des animaux. Avec JF, nous restons sur le pneumatique. Le but est de parcourir toutes les cinq minutes, une distance d’environ 5 nautiques, nous arrêter et écouter. Après deux heures de ce régime, rien de significatif à se mettre dans l’oreille. Nous remontons sur le WWF columbus et partons dans la direction du canyon d’Antibes, autre lieu de prédilection pour les cachalots. Arrivé sur place nous pratiquons de la même manière : le WWF columbus reste en veille d’observation et le pneumatique parcours les abords du canyon. Arrivé en son centre, nous récupérons un calmar dont il ne reste que la tête et les tentacules. Il est de belle taille et augure la présence des ses prédateurs. Nous récupérons un tentacule et le bec puis, nous immergeons l’hydrophone. « Bingo », les clics de deux animaux trahissent leur présence. Sur le pneumatique nous affinons notre approche tandis que le WWF columbus nous rejoint. Au dernier clic, nous attendons patiemment la sortie des cachalots dont un ne tarde pas à faire surface. A peine 300 mètres nous sépare, nous pouvons commencer notre travail en nous positionnant parallèle à l’animal pour la photo d’identification. La forme et les marques nous sembles familières : pas de doute c’est un des cachalots que nous avons biopsiés l’avant veille. Durant les deux jours, il a effectué une distance de vingt nautiques ce qui est peu pour un animal de cette taille. Nous prenons quelques images et reprenons notre écoute pour localiser le deuxième animal. 45 minutes suffisent pour le voir émerger. Autre approche, et surprise, il s’agit du cachalot biopsié au large de Monaco qui accompagnait déjà le premier ! Est-ce le hasard ? Ont-ils un lien de parenté ? L’étude des échantillons apportera quelques réponses. De crainte de rencontrer les deux derniers animaux de l’avant veille, nous décidons de tracer au large pour une nuit à la cape, en souhaitant demain rencontrer enfin les baleines qui commence à se faire attendre.

Fred à bord du WWF columbus.

La plupart des cétacés à dents (les odontocètes) mange des calmars (on dit qu’ils sont teutophages). Les plus grandes espèces comme celles-ci sont chassées par les cachalots. Ils s’échappent parfois mais ne survivent pas toujours au combat …

Les prélèvements seront analysés pour les polluants ce qui permettra d’évaluer comment ils se concentrent au long de la chaîne alimentaire, de la proie au prédateur.

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12  sept
Le 12 septembre - Cachalot, et vent qui soufflent !

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Après une nuit au mouillage à Bordighera, nous nous attendions à une journée identique à la précédente. Celle-ci se calquait plutôt bien car un cachalot se présentait à nous à l’heure de notre première observation et au même point géographique que le dernier.

Nous essayons en vain de préparer le pneumatique avant sa sonde. Nous en somme quitte pour 55 minutes d’hydrophone et d’attente. Dans le soleil, le souffle est repéré à 500 mètres à l’Est. Arrivé à proximité, nous sommes à nouveau atterrés par la proéminence de chair qui s’élève à l’avant de la nageoire dorsal. Encore un coup d’hélice qui a lacéré l’animal comme un jambon dans une machine. L’animal est évidemment craintif, et nous nous efforçons d’être les moins pressants possible. Finalement, nous obtenons un échantillon par un tir de longue distance.

Les biopsies des cachalots sont traitées à bord du WWF columbus. Nous séparons la peau du gras que nous coupons en deux parties. La peau détermine l’ADN et l’information sur ses penchants gastronomiques, le gras  permettra de déterminer les types ainsi que les taux des contaminants. Introduits dans des tubes stériles, nous les conservons dans un congélateur prévu à cette effet. Au retour, les échantillons seront envoyés par transports spéciaux aux différents laboratoires qui procèderont aux analyses.

Ce sera la dernière observation de la journée. Le vent prévu à 10 nœuds forci à 20. La mer écume et nous contraint à l’abandon. Résignés, nous pointons le nez du WWF columbus sur San Remo. Escale somme toute nécessaire pour faire les niveaux de l’eau et du gasoil.

Fred à bord du WWF columbus.

Nous avons rarement vu un animal aussi profondément blessé que celui-ci

WWF columbus a Saint Remo, en prison ?

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11  sept
Le 11 septembre - Quelques cachalots au détour

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Non sans tristesse nous laissons Olivier sur le quai du port de Beaulieu et reprenons la route vers le canyon de Menton. A peine deux heures après avoir quitté le mouillage, un souffle caractéristique se dessine à quelques milles de l’étrave : un cachalot. Champion toute catégorie de temps et de profondeur en apnée, le cachalot s’immerge durant 50 minutes à 1 heure à des profondeurs variant en fonction des talus. En revanche, il ne reste que très peu de temps en surface entre chaque sonde. Il arrive parfois que nous rencontrions des groupes qui se prélassent au soleil et se sociabilisent ou des individus qui digèrent ou dorment. La présence de l’animal en surface est alors indéterminée. Ce n’est pas le cas du nôtre qui sonde avant que nous ayons eu le temps de préparer le pneumatique.

Pour suivre les cachalots, nous utilisons une parabole directionnelle sur laquelle est fixé un hydrophone. Ce dernier est relié à un casque branché sur un amplificateur ou un enregistreur. Une fois immergé, nous imprimons une rotation à la parabole afin de déterminer le secteur d’où proviennent les sons. Une fois ces derniers isolés, nous nous dirigeons vers l’animal afin de réduire la distance qui nous sépare. Le cachalot chasse dans les pénombres de la mer. Il se dirige et recherche ses proies à l’aide d’un sonar en émettant des « clics » très caractéristiques. Lorsqu’il se rapproche de sa proie, il émet un ensemble de « krics » beaucoup plus rapide destinés à tétaniser les céphalopodes et affiner sa capture. Les émissions cessent lorsqu’il mange ou bien qu’il remonte. C’est le cas de l’individu que nous attendons depuis maintenant 50 minutes. C’est une « grosse bête » qui se laisse gentiment approcher, photographier et biopsier. Ce ne sera pas le dernier, un autre animal émerge à quelques centaines de mètres. Nous lui réservons le même traitement.

En fin d’après midi, un troisième cachalot est repéré. Il s’agit d’un grand mâle qui porte de profonds stigmates d’une mauvaise rencontre avec une hélice de forte taille. Sa mémoire lui fait probablement craindre la présence de notre propulseur, car il nous évite sans que nous puissions approcher pour la biopsie. Quelques photos viendront tout de même rejoindre le catalogue d’identification. Elles serviront également de support pour renforcer l’information de la  menace qui pèse sur ces fantastiques animaux et de la nécessité d’apporter rapidement des solutions pour la préservation des cétacés.

Fred à bord de WWF columbus

Les cétacés portent souvent de bien vilains stigmates de leur rencontre avec les hommes :

Hélice

Cordages et engins de pêche

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10  sept
Samedi 10 septembre - Quand la poisse s’en mêle

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Notre journée est composée de quarts de deux heures effectués par trois observateurs qui se partagent les 180° de l’avant du WWF columbus. Lorsque nous trouvons un animal, nous sautons à trois dans le pneu, les deux observateurs restés à bord assurent le suivi visuel des animaux ainsi que la prise de note. Sur le pneumatique, nous sommes très proche de l’eau contrairement à notre plate-forme, les yeux des observateurs restés à bord et leur indications radio sont indispensables surtout lorsque les vagues hautes masquent le souffle des mammifères.

C’est sous cette configuration que nous reprenons le cap du canyon de Calvi sur une mer soudainement apaisée. Cela augure une journée de calme plat propice à l’observation et à l’écoute. Mais voilà, Olivier reçoit un appel urgent. Pour des raisons familiales il doit nous quitter au plus tôt pour rejoindre Paris. C’est un coup dur. Nous étions cinq au début de la mission et nous voici rendu à quatre.

Nous changeons donc notre fusil d’épaule. Au lieu du Nord Est prévu, nous traçons sur Nice afin qu’Olivier puisse attraper un train. La traversé s’effectue sur une mer d’huile mais sans baleine. En revanche, une tortue, deux poissons lunes et un grand nombre de dauphins viennent rejoindre les fiches d’observations. Peu joueur, les stenella s’éloignent systématiquement du WWF columbus : décidemment, quant ça ne veux pas, ça ne veux pas !. Pour conjurer le sort, nous envisageons un sacrifice du plus faible des membres de l’équipage. A notre grand étonnement, Isabelle semble réticente à cette idée et refuse de faire évoluer la science ! Nous sacrifierons donc la dernière bouteille de l’excellent blanc de la cave d’Olivier. En souhaitant que cela puisse avoir le même effet !.

Fred, à bord du WWF columbus

Cédric, second à bord du WWF columbus, notre quatrième observateur, troisième et indispensable quand l’équipe s’étiole …

Fred est notre meilleur observateur mais c’est triché il a 12 à chaque oeil ! (signé : Denis de retour à terre)

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09  sept
Vendredi 09 septembre - Haro sur Calvi

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Les côtes de la Méditerranée occidentale, plongent dans la mer et forment des talus en espalier. Les canyons ont été creusés dans ces talus par d’anciennes rivières de fort débit à l’époque où le niveau de la mer était bien plus bas. Il est aisé d’imaginer à présent de grandes falaises sous marine éventrées où s’engouffre le courant qui favorise des montées d’eau froide chargées de nutriments issus des décompositions organiques. L’action conjuguée de ces nutriments et du soleil, génère du phytoplancton, végétal consommé par les animaux du début de la chaîne alimentaire.  Ces organismes sont ensuite ingérés, entre autre, par les céphalopodes, nourriture exclusive des cachalots.

Ces odontocètes, chassent sur les plateaux profonds le long des canyons. Les cartes marines, tout comme les cartes IGN, donnent les élévations et les formes géologiques du fond de la mer. Nous utilisons ces indications pour suivre les lignes de profondeur (appelé ligne de sonde ou isobathe) et ainsi espérer voir le souffle typique du plus grand des cétacés à dents.

Durant la nuit, le WWF columbus à navigué à la vitesse de 2 nœuds afin de rejoindre les 20 nautiques qui nous séparaient de l’entrée du canyon de Calvi. Le vent est faible mais la mer ne l’est pas ! Des vagues croisées coiffées de moutons limitent la distance de l’observation. Dans ces conditions, inutile de penser à travailler à partir du pneumatique. Jusqu’à midi, nous nous efforçons de scruter le moindre souffle mais en vain. Le vent d’ouest souffle fort sur les Bouches de Bonifacio et, au contact de l’Ile, remonte vers le nord. Cela explique la présence de vagues sur des secteurs dépourvus de vent. Additionné au reliquat de houle provenant du nord ouest des jours précédents, la mer se forme anarchiquement rendant l’observation difficile et nous contraint à un repli pour un mouillage à Calvi.

Fred, à bord du WWF columbus.

Qui aime la mer aime les ciels, du rouge incendie…

au bleu cobalt

Arrivée à Calvi sous la célèbre citadelle

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Après une nuit à fuir le vent, le WWF columbus se trouve au petit matin aux abords de l’île de Capraia, situé à l’Est du cap Corse, petit îlot plein de charme qui rougit dans le soleil levant. La mer est d’huile, un pêcheur remonte ses filets. Le port tout proche nous tend les mains. Nous mouillons la pioche et filons apprécier un « stretto » bien mérité. Un peu de pain, quelques bouteilles de blanc italien, une baignade dans de l’eau translucide à 25 degrés et nous quittons à regret le mouillage idyllique. Le programme est simple : manger les milles que nous avons parcourus hier afin de rejoindre les fonds de 2000 mètres au nord ouest de la Corse. Le vent d’hier a levé la houle et quelques moutons apparaissent au passage de la Giraglia. Fin des observations. Un virage plein Nord pour rejoindre la zone de calme que nous conseille le fichier météo du jour. Ce n’est pas encore ça, mais cela nous permet de reprendre les observations durant 2 heures et de repiquer plein Ouest pour trouver les fonds propices. Six dauphins éphémères saluent ce changement de cap. Premier signe de vie dans une mer désespérément vide. Ce sera le cas jusqu’au coucher du soleil. Où sont donc passées les baleines ? C’est le propre de la recherche de tenter d’apporter de maigres réponses à un grand nombre de questions ; réponses qui engendrent forcément, une nouvelle cohorte de questions !

L’année précédente, à la même période, le cap Corse était une zone d’abondance pour les rorquals. Sont-ils passés plus tôt, viendront-ils plus tard ? Comme quoi, les baleines n’ont pas forcément d’habitudes ! 20 heures, le soleil nous quitte, nous laissant apprécier sa traîne pourpre. Le ciel s’enflamme ! Cette nuit le WWF columbus tracera les 20 nautiques qui nous séparent du canyon de Calvi. En souhaitant que demain cette zone soit propice aux cachalots pour faire oublier cette journée sans baleine.

Fred, à bord du WWF columbus.

WWF columbus fait escale à l’île de Capraia

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07  sept
Mercredi 07 septembre - Du vent dans les voiles

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Hardi, hardi, hors de nos bannettes !
Quittons le douillet mouillage,
Pour partir vers le large,
A la conquête des bêbettes.

Mais le vent ce trouble fête,
Perturbe sans ambages,
La vie de ceux qui nagent,
Et de ceux qui les guettent.

Fatigué de danser sur les crêtes,
D’une mer devenue sauvage,
L’observateur non sans rage,
Est vaincu dans sa quête.

La prochaine fois, avant qu’il ne s’entête,
Il écoutera dame météo et ses présages,
Et avec humilité, ira à la plage,
Ou alors mieux encore, restera sous sa couette.

Fred à bord du WWF columbus

Mauvaise mer mais beaux ciels

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06  sept
Mardi 06 septembre - Des globis plein la mer

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La destination quotidienne du WWF columbus s’effectue en fonction de la mer et de l’estimation du routeur qui se fie à des fichiers informatiques météos (fichiers “grib” diffusés par la NOAA). Ces fichiers donnent un très grand nombre d’informations dont la direction et la force du vent. Téléchargés le plus souvent possible en fonction des réseaux, ils nous donnent une estimation relativement fiable qui oriente le choix de la route à prendre. Ceux de la semaine nous informent qu’il est préférable de partir sur le cap Corse et de travailler à l’Est de celui-ci. Nous partons donc sur une route au 130 que nous modifierons au cours de la journée pour nous orienter plein Est. Après 2 heures d’une observation peu fructueuse sur une mer très houleuse, nous apercevons dans le ciel un point blanc facilement identifiable comme étant l’avion de recherche des whales watchers. Il y a déjà deux navires à 5 nautiques sur notre arrière qui sont sur un groupe assez étendu de globicéphales. Nous changeons de cap pour les rejoindre. Après des échanges cordiaux par VHF, les capitaines nous invitent à nous rapprocher pour que nous puissions travailler sur les animaux. Arrivée sur zone, les deux navires rejoignent leur port d’attache nous laissant place libre. Le groupe est assez étendu et constitué d’une soixantaine d’animaux. C’est une grande famille composée de plusieurs grands mâles et de nombreux jeunes qui se prélassent durant la journée. Il y a également un bébé de probablement quelques jours. Ces chasseurs nocturnes sont extrêmement grégaires, le groupe comporte des sous-groupes d’une vingtaine d’individus qui se rassemblent de temps en temps au gré de leur déplacement lymphatique. Lors de ces regroupements, les animaux s’immergent tous ensemble et forment un môle compact. Les jeunes y sont rassemblés au centre, protégés et choyés par leurs aînés. Ces rassemblements sont également et probablement un bon moyen pour que des idylles se créent car en surface, une fois le groupe séparé, un mâle roule sur le dos et nous gratifie d’une belle érection ! Les globicéphales sont des animaux extrêmement sociaux et très attachants. Leur comportement de groupe est attendrissant : des mères allaitent leur petit, deux individus se rapprochent dans un mouvement synchrone pour se donner la nageoire caudale. En surface, nous sommes observés en permanence. La particularité de ce mammifère est de sortir la tête de l’eau pour observer l’importun qui s’immisce dans sa vie privée. C’est toujours à contre cœur que nous pratiquons les biopsies sur des animaux aussi paisibles, mais cette nécessité permet d’étendre notre connaissance sur les dangers que représentent les différents polluants que nous déversons dans la mer et qui impactent l’ensemble des espèces et particulièrement les animaux en bout de chaîne alimentaire. Les résultats obtenus permettront d’informer le plus grand nombre et d’obtenir, peut-être, des mesures visant à réduire nos impacts sur la nature et qui, souhaitons le, modifieront le comportements de nos contemporains . Cette rencontre à modifié notre planning. Le vent souffle plus fort sur le cap Corse et nous décidons de rentrer à la Napoule pour un mouillage bienvenu, car il nous faut encore dérusher les images, remettre de l’ordre dans les différentes fiches d’observations et bien entendu préparer le repas. Demain, nous reprendrons la route initialement prévue, en fermant les yeux sur les globis afin d’éviter d’éventuelles re-captures.

Fred à bord du WWF columbus

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