11  sept
Le 11 septembre - Quelques cachalots au détour

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Non sans tristesse nous laissons Olivier sur le quai du port de Beaulieu et reprenons la route vers le canyon de Menton. A peine deux heures après avoir quitté le mouillage, un souffle caractéristique se dessine à quelques milles de l’étrave : un cachalot. Champion toute catégorie de temps et de profondeur en apnée, le cachalot s’immerge durant 50 minutes à 1 heure à des profondeurs variant en fonction des talus. En revanche, il ne reste que très peu de temps en surface entre chaque sonde. Il arrive parfois que nous rencontrions des groupes qui se prélassent au soleil et se sociabilisent ou des individus qui digèrent ou dorment. La présence de l’animal en surface est alors indéterminée. Ce n’est pas le cas du nôtre qui sonde avant que nous ayons eu le temps de préparer le pneumatique.

Pour suivre les cachalots, nous utilisons une parabole directionnelle sur laquelle est fixé un hydrophone. Ce dernier est relié à un casque branché sur un amplificateur ou un enregistreur. Une fois immergé, nous imprimons une rotation à la parabole afin de déterminer le secteur d’où proviennent les sons. Une fois ces derniers isolés, nous nous dirigeons vers l’animal afin de réduire la distance qui nous sépare. Le cachalot chasse dans les pénombres de la mer. Il se dirige et recherche ses proies à l’aide d’un sonar en émettant des « clics » très caractéristiques. Lorsqu’il se rapproche de sa proie, il émet un ensemble de « krics » beaucoup plus rapide destinés à tétaniser les céphalopodes et affiner sa capture. Les émissions cessent lorsqu’il mange ou bien qu’il remonte. C’est le cas de l’individu que nous attendons depuis maintenant 50 minutes. C’est une « grosse bête » qui se laisse gentiment approcher, photographier et biopsier. Ce ne sera pas le dernier, un autre animal émerge à quelques centaines de mètres. Nous lui réservons le même traitement.

En fin d’après midi, un troisième cachalot est repéré. Il s’agit d’un grand mâle qui porte de profonds stigmates d’une mauvaise rencontre avec une hélice de forte taille. Sa mémoire lui fait probablement craindre la présence de notre propulseur, car il nous évite sans que nous puissions approcher pour la biopsie. Quelques photos viendront tout de même rejoindre le catalogue d’identification. Elles serviront également de support pour renforcer l’information de la  menace qui pèse sur ces fantastiques animaux et de la nécessité d’apporter rapidement des solutions pour la préservation des cétacés.

Fred à bord de WWF columbus

Les cétacés portent souvent de bien vilains stigmates de leur rencontre avec les hommes :

Hélice

Cordages et engins de pêche

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