14  sept
Le 14 septembre - Le plein de vie

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Il y a des jours où la mer reste désespérément vide et d’autres où la magie de la nature opère. C’est la récompense des mauvais jours passés à s’user les yeux sur une mer qui malmène les hommes et leurs estomacs. Dès le début des observations quelques stenella batifolent ça et là autour du bateau. Nous en verrons plus de cent dans la journée ! La surface de l’eau est chargée en plancton, méduses, salpes : un garde manger taille XXL. Les thons s’en donnent à cœur joie. Etrangement, ils nagent près de la surface relativement lentement et gobent tout le gélatineux qui se présente à leurs papilles. Les grands filtreurs et mangeurs de méduses sont également de la partie, pas moins de sept raies mobula iront rejoindre les fiches d’observations ainsi que neuf tortues et quelques poissons lune. Sur notre route, des nageoires caractéristiques en forme de faux sont repérées. C’est un groupe de quatorze dauphins de Risso très étalé. Une mère et sa progéniture viennent surfer à l’étrave. Le jeune porte derrière l’évent, les marques profondes d’un cisaillement dû probablement à une ligne de palangre. Les Risso ne font pas partie des espèces que nous biopsions, en revanche, nous effectuons les photos d’identifications d’usages. Mais toujours pas de baleine ! Nous continuons hâtivement notre recherche lorsque nos efforts sont enfin récompensés. Au loin, Isabelle assiste à un saut de rorqual. Nous pointons le navire vers le point et avalons en dix minutes, la distance qui nous sépare du mammifère. L’enthousiasme passé, nous reprenons nos habitudes : charger le pneumatique, photographier le chevron et la dorsale et pratiquer la biopsie. L’animal est tranquille et nous profitons pleinement de ce moment tant attendu en le suivant durant deux autres sondes. Nous reprenons notre route non sans avoir profité d’un « plouf » dans une eau à 26 degrés. Le Bateau met le cap au sud de l’Ile du Levant afin de nous rendre sur une zone où s’élève un mont sous-marin. Ces élévations géologiques, nous avons pu le confirmer maintes fois, favorisent la concentration d’animaux. Il est 19 heures lorsque Jean-François détecte le souffle d’un cachalot. Il nous faut quatre minutes pour nous rendre sur l’animal. Trop court, nous arrivons au moment ou il nous gratifie d’une magnifique sonde. L’hydrophone est aussitôt immergé. De l’amplificateur, nous parviens un son clair qui nous informe de sa proximité. Durant sa chasse, il ne se déplacera que d’une centaine de mètres. Nous le retrouvons 45 minutes plus tard et l’approchons le plus lentement possible. Nous attendons tranquillement cinq bonnes minutes afin de lui donner le temps de reprendre son souffle. Le soleil est couché et la lumière est limite pour la photo d’identification. Nous raccourcissons notre distance et pratiquons la biospie. L’animal reste en surface et s’éloigne tranquillement sans sonder. La lumière est vraiment trop faible pour espérer récupérer une image de sa caudale, nous le laissons à sa chasse nocturne et retournons sur le WWF columbus. Très tard dans la nuit, nous continuerons à entendre des souffles bien distincts dont le dernier sera le point final de cette magnifique journée.

Fred à bord du WWF WWF columbus

Parfois la vie peut être paisible pour un cachalot

Biodiversité :

Dauphin de Risso et ses marques “sociales”

Tortue avec son cortège de demoiselles d’honneur et son drôle de fiancé

Dauphin bleu et blanc content

Deux ailerons qui se suivent signent le requin

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