Le vent souffle sur la Costa Brava ; force 7 à 8… Le Columbus passera la journée à quai car il est très difficile de repérer, de pêcher et d’opérer les thons rouges dans de telles conditions.

Nous en profitons pour vérifier tout le matériel. Pablo et Eszter du WWF Méditerranée ainsi que Marie-Emilie du bureau bruxellois du WWF nous ont rejoints pour cette semaine en mer.

A la mi-journée, nous recevons un journaliste japonais de la chaîne NHK.

C’est d’une importance capitale quand on sait que le marché nippon absorbe plus des ¾ des thons rouges pêchés en Méditerranée. Pablo explique devant la caméra les différents « tags » ou balises que nous poserons sur les poissons ainsi que l’état plus qu’inquiétant du stock de thons rouges. Pour ma part, je lui explique les enjeux politiques qui sont en jeux, entre marché, profits à court terme et sauvegarde de l’espèce et de l’activité. On croise les doigts pour que le message soit reçu cinq sur cinq par les téléspectateurs japonais… Si la fibre écolo prend chez les électeurs japonais, on peut espérer un changement de position de leur gouvernement sur les questions de pêche à la baleine ou de protection des thonidés…

 

Charles à bord du WWF columbus

 

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Après 21 heures de mer depuis Marseille, le Columbus touche terre pour la deuxième année consécutive à Rosas. Ce n’est pas en raison d’une passion de l’équipage pour l’urbanisme de la Costa Brava, mais bel et bien pour participer à l’expédition « On the Med Tuna Trail ».

Il s’agit de marquer des thons rouges pour mieux connaître leur biologie et leurs routes de migration afin de les protéger plus efficacement.

L’enjeu est de taille, puisqu’au delà de l’aspect scientifique, nous embarquerons des journalistes du monde entier dans l’espoir que le message passe par delà les océans.

Un avis de grand frais est annoncé pour samedi, la décision de sortir ou pas en mer sera prise demain matin avec l’association de pêcheurs plaisanciers qui organisent cette semaine de marquage.

 

Charles à bord du Columbus

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Puisqu’on vous dit que le WWF-France est polyvalent !

Aujourd’hui, le Directeur Général du WWF International, James Leape, répond sur une pleine page dans Le Monde, au discours de Nicolas Sarkozy sur la politique maritime de la France du 16 juillet dernier. Il insiste sur le fait que la France a un rôle fondamental à jouer pour l’inscription du thon rouge à l’annexe 1 de la CITES qui, de facto, interdirait le commerce international de l’espèce et permettrait donc de la sauver.

Au même moment, le WWF columbus quitte le port de l’Estaque à Marseille pour rejoindre la Catalogne espagnole afin de participer à la campagne, désormais annuelle, de marquage de thons rouges.

Sous un ciel limpide et une mer d’huile, les dauphins bleu et blanc viennent nous saluer dans les derniers rayons de soleil.

 

Charles à bord du Columbus

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Le WWF columbus entame son année 2009 par le Programme Cap Cétacés en Méditerranée.
Ce programme de recherche scientifique lancé en 2006, s’étalera sur différentes périodes cet été.
Au cours de ses missions de plusieurs semaines, l’équipe scientifique du WWF et ses partenaires (GIS3M notamment) étudient l’écologie des cétacés et en particulier celle du Rorqual commun, espèce emblématique. Elles réalisent des photos identifications pour reconnaître les animaux, prélèvent des biopsies qui permettent d’évaluer le niveau de contamination de ces animaux par les polluants, et de connaître en détail leur génétique. Si ce programme s’attache essentiellement à percer les mystères du Rorqual commun, il s’intéresse également aux autres espèces de mammifères marins présentes en Méditerranée (Cachalot, Globicéphale, etc.).
Au final, il aidera à diagnostiquer le niveau de dégradation du milieu marin et permettra d’élaborer des recommandations pour la préservation de la Méditerranée et de sa biodiversité.

Cette année encore, le WWF columbus sera la base logistique du WWF MEDPO (bureau régional Méditerranéen du WWF)  pour sa campagne de marquage de Thons rouges menée en collaboration avec de grandes institutions scientifiques internationales et les gestionnaires de pêcherie méditerranéenne.
Cette activité de marquage permet d’étudier les migrations des Thons dans les eaux méditerranéennes en collectant, entre autres, des informations sur la position et la profondeur de ce seigneur de la Grande bleue qui se déplace à grande vitesse.

La mission Thons rouges se déroulera à la fin du mois d’août au départ de Rosas en Espagne.

L’objectif est de capturer des Thons rouges afin de leur implanter des balises. Sur les plus grands, un premier type de balise est fixé sur le dos de l’animal. Ces balises ont été programmées pour se décrocher dans un an au plus tard si d’autres aléas ne les libèrent pas plus tôt. Elles remontent alors en surface et envoient toutes les informations stockées via le système satellitaire Argos. Des balises plus petites sont utilisées pour les plus petits thons (inférieur à 40 kg) : elles sont insérées dans la cavité abdominale des animaux, stockent des informations sur une très grande période et elles sont récupérées lorsque les animaux sont capturés.

 

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Départ plus tôt ce matin qui nous permet de profiter du lever de soleil au sortir du port alors que toute la flottille de pêche de Rosas nous double de tous côtés comme pour un départ des 24h du Mans. Pour le dernier jour de cette campagne, nous accueillons Sergi Tudela, responsable pêche au Programme Méditerranéen du WWF (MedPO) et spécialiste du thon rouge. La grande famille du WWF est réunie dans une ambiance très détendue. Une détente qui n’empêche pas l’efficacité puisque nous battrons enfin notre record : deux thons marqués pour cette ultime journée. Et encore, un troisième s’est décroché de la ligne alors qu’il était déjà à moitié dans l’épuisette.

Le bilan de la campagne est très positif : nous avons marqué sept thons à bord de WWF columbus auxquels s’ajoutent ceux des autres bateaux marqués par l’Institut Espagnol d’Océanographie. Nous avons embarqué des journalistes qui diffuseront ce sujet sur divers médias. Nous ramenons de quoi faire un petit film grâce aux images tournées par Charles, et Frédéric a couvert toute l’expédition avec de nombreuses images dont vous avez pu profiter sur ce blog. Ce programme n’en est qu’à ses prémices. Nous en récolterons les fruits tout au long des prochaines années. Dans un an au plus tard pour les marques “pop-up” déployées sur les plus gros thons, lors de leur recapture pour les jeunes que nous avons marqués à bord du WWF columbus. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant !

Image 1 – Avant de remplacer Pablo pour le dernier thon, Esther du WWF MedPO s’entraîne au point chirurgical sur une boîte en carton. © F. Bassemayousse.

Image 2 – Un dernier câlin de Pablo avant de remettre à l’eau notre ultime thon. © F. Bassemayousse.

Image 3 - Lever d’un soleil improbable sur la flottille de pêche. © F. Bassemayousse.

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Denis à bord de WWF columbus.

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Pour la première fois nous n’avons pas de pêcheurs à bord, c’est la rentrée, plus aucun n’est disponible. Mais nous avons une agence de presse espagnole : il va falloir nous débrouiller par nous même pour capturer les thons. Charles, responsable pêche au WWF, prend les affaires en main ! Choix des leurres – rapalas (imitations de petits poissons) montés court dans l’axe du bateau, plumes (touffe de fils colorées) à l’extérieur avec de la longueur, mise en place des cannes, ajout d’un plomb pour plaquer les lignes au ras de l’eau. Le tout est éxécuté sans l’ombre d’une hésitation démontrant que les chargés de programme du WWF, chacun dans leurs spécialités, ne sont pas seulement des hommes de dossier, familier des réunions, habitués des ministères, mais aussi des vrais gars du terrain, capables d’aller au mastic et de mettre les mains dans le cambouis, bien campés dans leurs bottes ! Une richesse du WWF sans aucun doute.

A 10 heures la canne fuse alors que la mer est déjà bien agitée. Avec la même autorité Charles empoigne la canne et ramène le poisson. L’équipe est rodée : Julien le remonte à l’épuisette et le pose sur le lit chirugical à poisson, Aude pratique la ventilation artificielle, Pablo incise, Esther injecte l’antibiotique, Pablo insère la balise et recoud, Fred photographie le tout, Jacques à la barre s’arrange pour que la lumière soit bonne pour les photos et moi je regarde pour pouvoir vous le raconter….

A 10h08 le poisson est à l’eau, les journalistes ont leurs images et aussi un sérieux mal de mer ! Il est encore tôt mais le vent grimpe à 5-6 et la mer grossit : retour au port.

Image 1 – Charles, responsable pêche au WWF… et sur WWF columbus ! © F. Bassemayousse

Images 2, 3, 4 – Pour permettre à Fred de faire des photos sous-marine du thon à son retour dans l’eau, nous avons utilisé un drap pour l’y déposer lentement (photo 1). Entre la première et la dernière de ces trois photos : sept dixièmes de seconde. Preuve que ce bolide s’est bien remis de son opération, mais un challenge impossible pour le photographe.

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Denis à bord de WWF columbus.

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Pas de capture aujourd’hui, ce qui me laisse le temps de revenir sur les balises utilisées pour suivre les migrations des thons.
La question est : comment connaître sa position quand on est sous l’eau, hors de portée des satellites. Les deux systèmes couramment employés pour les animaux terrestres (ou pour ceux qui passent au moins une partie de leur temps en surface), GPS et Argos, sont en l’occurrence inexploitables. Les scientifiques ont trouvé la parade avec une astuce que la navigateur Christophe Colomb n’aurait pas reniée : les balises intègrent un capteur de lumière. Avec la durée du jour, facile de trouver l’heure de midi, et sur notre planète tous les points situés sur une même longitude (les lignes qui vont du nord au sud comme sur un melon) ont la même heure de midi. Pour la latitude l’affaire est plus complexe. Car si la longueur du jour varie avec la latitude (les jours égalent les nuits sous l’équateur, tandis qu’ils sont très longs ou très courts aux pôles) cette variation est importante aux solstices d’hiver et d’été (21 juin, 21 décembre) mais quasiment nulle aux équinoxes (printemps et automne). Il faut alors utiliser la température de l’eau enregistrée par la balise et, en comparant avec celle des cartes satellites, recaler la position de l’animal. On obtient une précision largement suffisante pour décrire les migrations de ces grands voyageurs. Ainsi, même le poisson au fond de la mer n’échappe pas à la malice et à la curiosité du grand inquisiteur Homo sapiens sapiens.
Images : F. Bassemayousse.
Insertion de la balise dans la cavité abdominale du thon.


Une marque est également fixée à l’extérieur de l’animal qui signale la présence de la balise et promet une récompense de 300 euros à qui la retourne.


Denis à bord de WWF columbus

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Départ 7h00. Nous avons à bord une scientifique de l’Institut Océanographique Espagnol et deux pêcheurs amateurs venus en renfort, qui déploient leurs cannes sur l’arrière. Cinq lignes au total. Le lieu de pêche est à trois heures de route. Comme les cétacés, les thons affectionnent les zones de canyons sous-marins qui entaillent le plateau continental et nous nous dirigeons vers celui qui remonte vers le Cap de Creus. La mer, assez agitée le matin, se calme progressivement au cours de la journée, et au début de l’après-midi il est possible de voir les “chasses” de thon agiter la surface. Rendus frénétiques par la présence de petits poissons comme les anchois, les jeunes thons se ruent sur leur proie, sautent et font bouillonner la surface de la mer. Le jeu consiste à traverser ces zones de chasse en espérant que les thons confondent anchois et leurre.

A 15h21 la ligne centrale fuse. Le thon est rapidement amené, hissé à bord et placé sur un berceau de mousse où il est mesuré : 84 cm. Cela correspond à un très jeune thon immature de 12 à 15 kg né au printemps 2007. Positionné sur le dos, un linge mouillé sur les yeux et les branchies inondées par un jet d’eau de mer, il reste tranquille tandis que Pablo Cermeno du MedPO qui pilote cette campagne, pratique une courte incision sur le ventre. On injecte un produit désinfectant puis la balise est insérée dans la cavité abdominale. Pablo referme rapidement la plaie avec deux points chirurgicaux, et à 15h25 le thon est remis à l’eau. Il ne demande pas son reste et fonce vers le fond. Temps total de l’opération : 4 minutes.

Pas d’autre capture pour cette première journée.

Image 1 : Champ opératoire pour thon rouge. F. Bassemayousse

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Image 2 : Chasse de thon rouge. F. Bassemayousse

Denis à bord de WWF columbus

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