13  sept
Le 13 septembre - Encore eux !

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

L’avantage d’un mouillage est d’être proche d’un port. Cela permet de se dégourdir les jambes et de profiter d’un restaurant. L’inconvénient est de se trouver loin des zones d’observations, ce qui nécessite quelques heures pour s’y rendre. Nous levons donc le camp à 5 heure pour être à 7 heures sur les zones d’observations. Le vent est tombé totalement et le bateau fend la mer comme un ciseau fend la toile. Nous remontons le canyon afin de retrouver des cachalots. Après quelques écoutes, rien à l’hydrophone n’indique la présence des animaux. Avec JF, nous restons sur le pneumatique. Le but est de parcourir toutes les cinq minutes, une distance d’environ 5 nautiques, nous arrêter et écouter. Après deux heures de ce régime, rien de significatif à se mettre dans l’oreille. Nous remontons sur le WWF columbus et partons dans la direction du canyon d’Antibes, autre lieu de prédilection pour les cachalots. Arrivé sur place nous pratiquons de la même manière : le WWF columbus reste en veille d’observation et le pneumatique parcours les abords du canyon. Arrivé en son centre, nous récupérons un calmar dont il ne reste que la tête et les tentacules. Il est de belle taille et augure la présence des ses prédateurs. Nous récupérons un tentacule et le bec puis, nous immergeons l’hydrophone. « Bingo », les clics de deux animaux trahissent leur présence. Sur le pneumatique nous affinons notre approche tandis que le WWF columbus nous rejoint. Au dernier clic, nous attendons patiemment la sortie des cachalots dont un ne tarde pas à faire surface. A peine 300 mètres nous sépare, nous pouvons commencer notre travail en nous positionnant parallèle à l’animal pour la photo d’identification. La forme et les marques nous sembles familières : pas de doute c’est un des cachalots que nous avons biopsiés l’avant veille. Durant les deux jours, il a effectué une distance de vingt nautiques ce qui est peu pour un animal de cette taille. Nous prenons quelques images et reprenons notre écoute pour localiser le deuxième animal. 45 minutes suffisent pour le voir émerger. Autre approche, et surprise, il s’agit du cachalot biopsié au large de Monaco qui accompagnait déjà le premier ! Est-ce le hasard ? Ont-ils un lien de parenté ? L’étude des échantillons apportera quelques réponses. De crainte de rencontrer les deux derniers animaux de l’avant veille, nous décidons de tracer au large pour une nuit à la cape, en souhaitant demain rencontrer enfin les baleines qui commence à se faire attendre.

Fred à bord du WWF columbus.

La plupart des cétacés à dents (les odontocètes) mange des calmars (on dit qu’ils sont teutophages). Les plus grandes espèces comme celles-ci sont chassées par les cachalots. Ils s’échappent parfois mais ne survivent pas toujours au combat …

Les prélèvements seront analysés pour les polluants ce qui permettra d’évaluer comment ils se concentrent au long de la chaîne alimentaire, de la proie au prédateur.

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12  sept
Le 12 septembre - Cachalot, et vent qui soufflent !

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Après une nuit au mouillage à Bordighera, nous nous attendions à une journée identique à la précédente. Celle-ci se calquait plutôt bien car un cachalot se présentait à nous à l’heure de notre première observation et au même point géographique que le dernier.

Nous essayons en vain de préparer le pneumatique avant sa sonde. Nous en somme quitte pour 55 minutes d’hydrophone et d’attente. Dans le soleil, le souffle est repéré à 500 mètres à l’Est. Arrivé à proximité, nous sommes à nouveau atterrés par la proéminence de chair qui s’élève à l’avant de la nageoire dorsal. Encore un coup d’hélice qui a lacéré l’animal comme un jambon dans une machine. L’animal est évidemment craintif, et nous nous efforçons d’être les moins pressants possible. Finalement, nous obtenons un échantillon par un tir de longue distance.

Les biopsies des cachalots sont traitées à bord du WWF columbus. Nous séparons la peau du gras que nous coupons en deux parties. La peau détermine l’ADN et l’information sur ses penchants gastronomiques, le gras  permettra de déterminer les types ainsi que les taux des contaminants. Introduits dans des tubes stériles, nous les conservons dans un congélateur prévu à cette effet. Au retour, les échantillons seront envoyés par transports spéciaux aux différents laboratoires qui procèderont aux analyses.

Ce sera la dernière observation de la journée. Le vent prévu à 10 nœuds forci à 20. La mer écume et nous contraint à l’abandon. Résignés, nous pointons le nez du WWF columbus sur San Remo. Escale somme toute nécessaire pour faire les niveaux de l’eau et du gasoil.

Fred à bord du WWF columbus.

Nous avons rarement vu un animal aussi profondément blessé que celui-ci

WWF columbus a Saint Remo, en prison ?

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11  sept
Le 11 septembre - Quelques cachalots au détour

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Non sans tristesse nous laissons Olivier sur le quai du port de Beaulieu et reprenons la route vers le canyon de Menton. A peine deux heures après avoir quitté le mouillage, un souffle caractéristique se dessine à quelques milles de l’étrave : un cachalot. Champion toute catégorie de temps et de profondeur en apnée, le cachalot s’immerge durant 50 minutes à 1 heure à des profondeurs variant en fonction des talus. En revanche, il ne reste que très peu de temps en surface entre chaque sonde. Il arrive parfois que nous rencontrions des groupes qui se prélassent au soleil et se sociabilisent ou des individus qui digèrent ou dorment. La présence de l’animal en surface est alors indéterminée. Ce n’est pas le cas du nôtre qui sonde avant que nous ayons eu le temps de préparer le pneumatique.

Pour suivre les cachalots, nous utilisons une parabole directionnelle sur laquelle est fixé un hydrophone. Ce dernier est relié à un casque branché sur un amplificateur ou un enregistreur. Une fois immergé, nous imprimons une rotation à la parabole afin de déterminer le secteur d’où proviennent les sons. Une fois ces derniers isolés, nous nous dirigeons vers l’animal afin de réduire la distance qui nous sépare. Le cachalot chasse dans les pénombres de la mer. Il se dirige et recherche ses proies à l’aide d’un sonar en émettant des « clics » très caractéristiques. Lorsqu’il se rapproche de sa proie, il émet un ensemble de « krics » beaucoup plus rapide destinés à tétaniser les céphalopodes et affiner sa capture. Les émissions cessent lorsqu’il mange ou bien qu’il remonte. C’est le cas de l’individu que nous attendons depuis maintenant 50 minutes. C’est une « grosse bête » qui se laisse gentiment approcher, photographier et biopsier. Ce ne sera pas le dernier, un autre animal émerge à quelques centaines de mètres. Nous lui réservons le même traitement.

En fin d’après midi, un troisième cachalot est repéré. Il s’agit d’un grand mâle qui porte de profonds stigmates d’une mauvaise rencontre avec une hélice de forte taille. Sa mémoire lui fait probablement craindre la présence de notre propulseur, car il nous évite sans que nous puissions approcher pour la biopsie. Quelques photos viendront tout de même rejoindre le catalogue d’identification. Elles serviront également de support pour renforcer l’information de la  menace qui pèse sur ces fantastiques animaux et de la nécessité d’apporter rapidement des solutions pour la préservation des cétacés.

Fred à bord de WWF columbus

Les cétacés portent souvent de bien vilains stigmates de leur rencontre avec les hommes :

Hélice

Cordages et engins de pêche

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10  sept
Samedi 10 septembre - Quand la poisse s’en mêle

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Notre journée est composée de quarts de deux heures effectués par trois observateurs qui se partagent les 180° de l’avant du WWF columbus. Lorsque nous trouvons un animal, nous sautons à trois dans le pneu, les deux observateurs restés à bord assurent le suivi visuel des animaux ainsi que la prise de note. Sur le pneumatique, nous sommes très proche de l’eau contrairement à notre plate-forme, les yeux des observateurs restés à bord et leur indications radio sont indispensables surtout lorsque les vagues hautes masquent le souffle des mammifères.

C’est sous cette configuration que nous reprenons le cap du canyon de Calvi sur une mer soudainement apaisée. Cela augure une journée de calme plat propice à l’observation et à l’écoute. Mais voilà, Olivier reçoit un appel urgent. Pour des raisons familiales il doit nous quitter au plus tôt pour rejoindre Paris. C’est un coup dur. Nous étions cinq au début de la mission et nous voici rendu à quatre.

Nous changeons donc notre fusil d’épaule. Au lieu du Nord Est prévu, nous traçons sur Nice afin qu’Olivier puisse attraper un train. La traversé s’effectue sur une mer d’huile mais sans baleine. En revanche, une tortue, deux poissons lunes et un grand nombre de dauphins viennent rejoindre les fiches d’observations. Peu joueur, les stenella s’éloignent systématiquement du WWF columbus : décidemment, quant ça ne veux pas, ça ne veux pas !. Pour conjurer le sort, nous envisageons un sacrifice du plus faible des membres de l’équipage. A notre grand étonnement, Isabelle semble réticente à cette idée et refuse de faire évoluer la science ! Nous sacrifierons donc la dernière bouteille de l’excellent blanc de la cave d’Olivier. En souhaitant que cela puisse avoir le même effet !.

Fred, à bord du WWF columbus

Cédric, second à bord du WWF columbus, notre quatrième observateur, troisième et indispensable quand l’équipe s’étiole …

Fred est notre meilleur observateur mais c’est triché il a 12 à chaque oeil ! (signé : Denis de retour à terre)

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09  sept
Vendredi 09 septembre - Haro sur Calvi

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Les côtes de la Méditerranée occidentale, plongent dans la mer et forment des talus en espalier. Les canyons ont été creusés dans ces talus par d’anciennes rivières de fort débit à l’époque où le niveau de la mer était bien plus bas. Il est aisé d’imaginer à présent de grandes falaises sous marine éventrées où s’engouffre le courant qui favorise des montées d’eau froide chargées de nutriments issus des décompositions organiques. L’action conjuguée de ces nutriments et du soleil, génère du phytoplancton, végétal consommé par les animaux du début de la chaîne alimentaire.  Ces organismes sont ensuite ingérés, entre autre, par les céphalopodes, nourriture exclusive des cachalots.

Ces odontocètes, chassent sur les plateaux profonds le long des canyons. Les cartes marines, tout comme les cartes IGN, donnent les élévations et les formes géologiques du fond de la mer. Nous utilisons ces indications pour suivre les lignes de profondeur (appelé ligne de sonde ou isobathe) et ainsi espérer voir le souffle typique du plus grand des cétacés à dents.

Durant la nuit, le WWF columbus à navigué à la vitesse de 2 nœuds afin de rejoindre les 20 nautiques qui nous séparaient de l’entrée du canyon de Calvi. Le vent est faible mais la mer ne l’est pas ! Des vagues croisées coiffées de moutons limitent la distance de l’observation. Dans ces conditions, inutile de penser à travailler à partir du pneumatique. Jusqu’à midi, nous nous efforçons de scruter le moindre souffle mais en vain. Le vent d’ouest souffle fort sur les Bouches de Bonifacio et, au contact de l’Ile, remonte vers le nord. Cela explique la présence de vagues sur des secteurs dépourvus de vent. Additionné au reliquat de houle provenant du nord ouest des jours précédents, la mer se forme anarchiquement rendant l’observation difficile et nous contraint à un repli pour un mouillage à Calvi.

Fred, à bord du WWF columbus.

Qui aime la mer aime les ciels, du rouge incendie…

au bleu cobalt

Arrivée à Calvi sous la célèbre citadelle

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Après une nuit à fuir le vent, le WWF columbus se trouve au petit matin aux abords de l’île de Capraia, situé à l’Est du cap Corse, petit îlot plein de charme qui rougit dans le soleil levant. La mer est d’huile, un pêcheur remonte ses filets. Le port tout proche nous tend les mains. Nous mouillons la pioche et filons apprécier un « stretto » bien mérité. Un peu de pain, quelques bouteilles de blanc italien, une baignade dans de l’eau translucide à 25 degrés et nous quittons à regret le mouillage idyllique. Le programme est simple : manger les milles que nous avons parcourus hier afin de rejoindre les fonds de 2000 mètres au nord ouest de la Corse. Le vent d’hier a levé la houle et quelques moutons apparaissent au passage de la Giraglia. Fin des observations. Un virage plein Nord pour rejoindre la zone de calme que nous conseille le fichier météo du jour. Ce n’est pas encore ça, mais cela nous permet de reprendre les observations durant 2 heures et de repiquer plein Ouest pour trouver les fonds propices. Six dauphins éphémères saluent ce changement de cap. Premier signe de vie dans une mer désespérément vide. Ce sera le cas jusqu’au coucher du soleil. Où sont donc passées les baleines ? C’est le propre de la recherche de tenter d’apporter de maigres réponses à un grand nombre de questions ; réponses qui engendrent forcément, une nouvelle cohorte de questions !

L’année précédente, à la même période, le cap Corse était une zone d’abondance pour les rorquals. Sont-ils passés plus tôt, viendront-ils plus tard ? Comme quoi, les baleines n’ont pas forcément d’habitudes ! 20 heures, le soleil nous quitte, nous laissant apprécier sa traîne pourpre. Le ciel s’enflamme ! Cette nuit le WWF columbus tracera les 20 nautiques qui nous séparent du canyon de Calvi. En souhaitant que demain cette zone soit propice aux cachalots pour faire oublier cette journée sans baleine.

Fred, à bord du WWF columbus.

WWF columbus fait escale à l’île de Capraia

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07  sept
Mercredi 07 septembre - Du vent dans les voiles

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

Hardi, hardi, hors de nos bannettes !
Quittons le douillet mouillage,
Pour partir vers le large,
A la conquête des bêbettes.

Mais le vent ce trouble fête,
Perturbe sans ambages,
La vie de ceux qui nagent,
Et de ceux qui les guettent.

Fatigué de danser sur les crêtes,
D’une mer devenue sauvage,
L’observateur non sans rage,
Est vaincu dans sa quête.

La prochaine fois, avant qu’il ne s’entête,
Il écoutera dame météo et ses présages,
Et avec humilité, ira à la plage,
Ou alors mieux encore, restera sous sa couette.

Fred à bord du WWF columbus

Mauvaise mer mais beaux ciels

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06  sept
Mardi 06 septembre - Des globis plein la mer

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

La destination quotidienne du WWF columbus s’effectue en fonction de la mer et de l’estimation du routeur qui se fie à des fichiers informatiques météos (fichiers “grib” diffusés par la NOAA). Ces fichiers donnent un très grand nombre d’informations dont la direction et la force du vent. Téléchargés le plus souvent possible en fonction des réseaux, ils nous donnent une estimation relativement fiable qui oriente le choix de la route à prendre. Ceux de la semaine nous informent qu’il est préférable de partir sur le cap Corse et de travailler à l’Est de celui-ci. Nous partons donc sur une route au 130 que nous modifierons au cours de la journée pour nous orienter plein Est. Après 2 heures d’une observation peu fructueuse sur une mer très houleuse, nous apercevons dans le ciel un point blanc facilement identifiable comme étant l’avion de recherche des whales watchers. Il y a déjà deux navires à 5 nautiques sur notre arrière qui sont sur un groupe assez étendu de globicéphales. Nous changeons de cap pour les rejoindre. Après des échanges cordiaux par VHF, les capitaines nous invitent à nous rapprocher pour que nous puissions travailler sur les animaux. Arrivée sur zone, les deux navires rejoignent leur port d’attache nous laissant place libre. Le groupe est assez étendu et constitué d’une soixantaine d’animaux. C’est une grande famille composée de plusieurs grands mâles et de nombreux jeunes qui se prélassent durant la journée. Il y a également un bébé de probablement quelques jours. Ces chasseurs nocturnes sont extrêmement grégaires, le groupe comporte des sous-groupes d’une vingtaine d’individus qui se rassemblent de temps en temps au gré de leur déplacement lymphatique. Lors de ces regroupements, les animaux s’immergent tous ensemble et forment un môle compact. Les jeunes y sont rassemblés au centre, protégés et choyés par leurs aînés. Ces rassemblements sont également et probablement un bon moyen pour que des idylles se créent car en surface, une fois le groupe séparé, un mâle roule sur le dos et nous gratifie d’une belle érection ! Les globicéphales sont des animaux extrêmement sociaux et très attachants. Leur comportement de groupe est attendrissant : des mères allaitent leur petit, deux individus se rapprochent dans un mouvement synchrone pour se donner la nageoire caudale. En surface, nous sommes observés en permanence. La particularité de ce mammifère est de sortir la tête de l’eau pour observer l’importun qui s’immisce dans sa vie privée. C’est toujours à contre cœur que nous pratiquons les biopsies sur des animaux aussi paisibles, mais cette nécessité permet d’étendre notre connaissance sur les dangers que représentent les différents polluants que nous déversons dans la mer et qui impactent l’ensemble des espèces et particulièrement les animaux en bout de chaîne alimentaire. Les résultats obtenus permettront d’informer le plus grand nombre et d’obtenir, peut-être, des mesures visant à réduire nos impacts sur la nature et qui, souhaitons le, modifieront le comportements de nos contemporains . Cette rencontre à modifié notre planning. Le vent souffle plus fort sur le cap Corse et nous décidons de rentrer à la Napoule pour un mouillage bienvenu, car il nous faut encore dérusher les images, remettre de l’ordre dans les différentes fiches d’observations et bien entendu préparer le repas. Demain, nous reprendrons la route initialement prévue, en fermant les yeux sur les globis afin d’éviter d’éventuelles re-captures.

Fred à bord du WWF columbus

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05  sept
Lundi 05 septembre - On the road again

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Nouveau départ pour l’avant dernière mission Cap Cétacés de l’année. C’est devenu un rituel : le WWF columbus à la station service du port de Hyères, l’avitaillement pour 10 jours de mer et l’arrivée des observateurs. A nouveau le pont du bateau ressemble à un labyrinthe où il faut circuler entre le matériel de mission, les sacs à dos, les packs de bouteilles d’eau, les légumes et les multiples petits cartons qui contiennent des trésors alimentaires que nous découvrons au fur et mesure de leur ouverture. Un peu d’organisation et de sueur et le pont s’éclaire.

C’est une équipe aguerrie et expérimentée, habituée des missions qui embarque. Aurélie, toujours dans la douleur de ses côtes cassées, ne peux malheureusement être des nôtres. Nous retrouvons Isabelle aux yeux d’aigle, Geoffrey un pro de l’organisation et de la cuisine, Olivier, vétérinaire de son état et fin connaisseur de vin. Sa particularité est de transporter dans son sac plus de liquide que de solide, mais attention, que des grands crus qui ravissent nos palais asséchés après une journée de mer. Denis étant parti tremper ses nageoires sur la côte Algérienne, c’est Jean François qui prendra la barre du pneumatique.

Il est 10 heures lorsque le WWF columbus quitte le port, nous laissons Aurélie sur le quai avec une pointe de tristesse. Les fichiers météo ne sont pas des meilleurs, la Méditerranée est dans le jaune orangé, ce qui veut dire que le vent sera notre sixième larron,  invité non convié qui s’incruste et nous le fait sentir ! A la barre, Jean-Yves et Cédric prennent la direction de Cannes. Aujourd’hui, impossible d’espérer voir le moindre souffle, la mer écume sur une piste de bosses de 2 à 3 mètres. L’arrivée se fait attendre et finalement nous mouillons l’ancre dans la baie abritée de la Napoule.

Fred à bord du WWF columbus

Six petits globis pendus au plafond…

Maman dauphin bleu et blanc et un bébé

L’inénarrable poisson lune…

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20  août
Samedi 20 août 2011 - Cathédrale de chair

Publié par WWF, Publié dans Carnet de bord

C’est officiel nous venons de battre notre record de pétole !

Un drôle de rencontre en ce dernier jour de mission qui marie le morbide et l’insolite, la mort et la vie. Une masse blanche qui flotte en surface, une masse de chair en décomposition qui par chance affleure à peine la surface ce qui en limite les effluves nauséabondes. Un bout bleu pour seul indice. Deux hypothèses émergent des déductions du bord : la masse désigne un animal de grande taille et la chair n’est pas celle d’un poisson. Un cétacé très certainement, rorqual ou cachalot vu la taille. Le bout bleu suggère deux scénarios : une capture accidentelle dans un engin de pêche ou les restes d’un pétardage. Quand un grand cétacé s’échoue il n’est pas facile de s’en débarrasser, il n’y a que deux façons : l’équarisseur à terre ou le pétardage au large assuré par des spécialistes. Les explosifs sont arrimés à la dépouille avec des bouts et l’explosion ne réduit pas toujours le cadavre en bouts aussi petits qu’on le souhaiterait.

Mais la surprise est sous l’eau et nous la découvrons en regardant les images de Fred. Cette cathédrale de chair morte offre un spectacle aussi étrange et beau que les glaces immergées de l’arctique. C’est un oasis, un abri comestible pour le rouffe et le cernier, une zone de chasse pour la sériole.

Comme toujours la nature assemble la vie et la mort, l’un nourrissant l’autre, invente l’éternité du changement, l’équilibre en mouvement, le cycle éternel. A nous, petits passagers, d’en profiter et de ne pas saloper notre chouette orange bleue.

Cette nuit nous faisons route vers Hyeres. Fin de ces quatre semaines de missions, exceptionnelles comme souvent.

Merci à l’équipage : Jean-Yves, Cédric et Laurent. Merci à Aurélie, Fabienne, Amandine et Fred qui ont assurés comme toujours. Merci à tous ceux qui nous ont apporté leur énergie et leur enthousiasme (il faut dire qu’ils étaient bien nourris …) : Mathieu, Stéphanie, Maelle, Cédric, Mélanie, Anna, Magali, Catherine, Yvan, Eric et Ronan !

Denis à bord de WWF columbus

Iceberg de chair…

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