Le WWF columbus entame son année 2009 par le Programme Cap Cétacés en Méditerranée.
Ce programme de recherche scientifique lancé en 2006, s’étalera sur différentes périodes cet été.
Au cours de ses missions de plusieurs semaines, l’équipe scientifique du WWF et ses partenaires (GIS3M notamment) étudient l’écologie des cétacés et en particulier celle du Rorqual commun, espèce emblématique. Elles réalisent des photos identifications pour reconnaître les animaux, prélèvent des biopsies qui permettent d’évaluer le niveau de contamination de ces animaux par les polluants, et de connaître en détail leur génétique. Si ce programme s’attache essentiellement à percer les mystères du Rorqual commun, il s’intéresse également aux autres espèces de mammifères marins présentes en Méditerranée (Cachalot, Globicéphale, etc.).
Au final, il aidera à diagnostiquer le niveau de dégradation du milieu marin et permettra d’élaborer des recommandations pour la préservation de la Méditerranée et de sa biodiversité.

Cette année encore, le WWF columbus sera la base logistique du WWF MEDPO (bureau régional Méditerranéen du WWF)  pour sa campagne de marquage de Thons rouges menée en collaboration avec de grandes institutions scientifiques internationales et les gestionnaires de pêcherie méditerranéenne.
Cette activité de marquage permet d’étudier les migrations des Thons dans les eaux méditerranéennes en collectant, entre autres, des informations sur la position et la profondeur de ce seigneur de la Grande bleue qui se déplace à grande vitesse.

La mission Thons rouges se déroulera à la fin du mois d’août au départ de Rosas en Espagne.

L’objectif est de capturer des Thons rouges afin de leur implanter des balises. Sur les plus grands, un premier type de balise est fixé sur le dos de l’animal. Ces balises ont été programmées pour se décrocher dans un an au plus tard si d’autres aléas ne les libèrent pas plus tôt. Elles remontent alors en surface et envoient toutes les informations stockées via le système satellitaire Argos. Des balises plus petites sont utilisées pour les plus petits thons (inférieur à 40 kg) : elles sont insérées dans la cavité abdominale des animaux, stockent des informations sur une très grande période et elles sont récupérées lorsque les animaux sont capturés.

 

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Départ plus tôt ce matin qui nous permet de profiter du lever de soleil au sortir du port alors que toute la flottille de pêche de Rosas nous double de tous côtés comme pour un départ des 24h du Mans. Pour le dernier jour de cette campagne, nous accueillons Sergi Tudela, responsable pêche au Programme Méditerranéen du WWF (MedPO) et spécialiste du thon rouge. La grande famille du WWF est réunie dans une ambiance très détendue. Une détente qui n’empêche pas l’efficacité puisque nous battrons enfin notre record : deux thons marqués pour cette ultime journée. Et encore, un troisième s’est décroché de la ligne alors qu’il était déjà à moitié dans l’épuisette.

Le bilan de la campagne est très positif : nous avons marqué sept thons à bord de WWF columbus auxquels s’ajoutent ceux des autres bateaux marqués par l’Institut Espagnol d’Océanographie. Nous avons embarqué des journalistes qui diffuseront ce sujet sur divers médias. Nous ramenons de quoi faire un petit film grâce aux images tournées par Charles, et Frédéric a couvert toute l’expédition avec de nombreuses images dont vous avez pu profiter sur ce blog. Ce programme n’en est qu’à ses prémices. Nous en récolterons les fruits tout au long des prochaines années. Dans un an au plus tard pour les marques “pop-up” déployées sur les plus gros thons, lors de leur recapture pour les jeunes que nous avons marqués à bord du WWF columbus. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant !

Image 1 – Avant de remplacer Pablo pour le dernier thon, Esther du WWF MedPO s’entraîne au point chirurgical sur une boîte en carton. © F. Bassemayousse.

Image 2 – Un dernier câlin de Pablo avant de remettre à l’eau notre ultime thon. © F. Bassemayousse.

Image 3 - Lever d’un soleil improbable sur la flottille de pêche. © F. Bassemayousse.

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Denis à bord de WWF columbus.

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Pas de capture aujourd’hui, ce qui me laisse le temps de revenir sur les balises utilisées pour suivre les migrations des thons.
La question est : comment connaître sa position quand on est sous l’eau, hors de portée des satellites. Les deux systèmes couramment employés pour les animaux terrestres (ou pour ceux qui passent au moins une partie de leur temps en surface), GPS et Argos, sont en l’occurrence inexploitables. Les scientifiques ont trouvé la parade avec une astuce que la navigateur Christophe Colomb n’aurait pas reniée : les balises intègrent un capteur de lumière. Avec la durée du jour, facile de trouver l’heure de midi, et sur notre planète tous les points situés sur une même longitude (les lignes qui vont du nord au sud comme sur un melon) ont la même heure de midi. Pour la latitude l’affaire est plus complexe. Car si la longueur du jour varie avec la latitude (les jours égalent les nuits sous l’équateur, tandis qu’ils sont très longs ou très courts aux pôles) cette variation est importante aux solstices d’hiver et d’été (21 juin, 21 décembre) mais quasiment nulle aux équinoxes (printemps et automne). Il faut alors utiliser la température de l’eau enregistrée par la balise et, en comparant avec celle des cartes satellites, recaler la position de l’animal. On obtient une précision largement suffisante pour décrire les migrations de ces grands voyageurs. Ainsi, même le poisson au fond de la mer n’échappe pas à la malice et à la curiosité du grand inquisiteur Homo sapiens sapiens.
Images : F. Bassemayousse.
Insertion de la balise dans la cavité abdominale du thon.


Une marque est également fixée à l’extérieur de l’animal qui signale la présence de la balise et promet une récompense de 300 euros à qui la retourne.


Denis à bord de WWF columbus

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